C’est le 04 août 2025 que le Président de la République nommait André Wamesso comme gouverneur de la BCC en remplacement de Mme Angèle Kabedi dans un climat de normalisation conjoncturelle, sa feuille de route mettant l’accent sur la consolidation de la stabilisation plutôt fragile des indicateurs monétaires, la modernisation du système de paiement et le renforcement de la souveraineté de la monnaie nationale. Près d’un an, après sa prise de fonction, après des réformes et des.ajustements de gouvernance qu’il a déployés, l’économie congolaise affiche des indicateurs bien encourageants.
Parmi ses réformes, il y a lieu de revenir sur celle qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive en focalisant le débat des semaines durant. En effet, il s’agrt de l’électrochoc de la baisse administrative du taux de change du dollar de 2850 FC à moins de 2300 FC.
À son arrivée, le Franc Congolais subissait une dépréciation qui semblait irréversible, le dollar s’échangeant autour de 2 850 FC (et parfois plus sur le marché parallèle). Face à cette spirale inflationniste qui asphyxiait la population, André Wamesso a refusé le fatalisme d’une flottaison passive de la monnaie nationale.
Par une décision politique et administrative forte, appuyée par une évaluation rigoureuse des flux réels de devises, le gouverneur a imposé un réalignement du taux de change, le ramenant drastiquement à la baisse pour le stabiliser dans la zone des 2 300 FC pour un dollar.
Le démenti face aux prophètes du chaos
Cette baisse spectaculaire a immédiatement déclenché une vague de scepticisme et de critiques acerbes de la part de nombreux analystes et institutions financières. Les arguments de l’opposition économique étaient unanimes
Ils qualifiaient cette baisse d’« artificielle » et de décision purement politique sans fondement macroéconomique.
Ils prédisaient un épuisement rapide des réserves de change de la BCC si elle tentait de soutenir ce taux à bout de bras.
Ils annonçaient, à court terme, un effondrement brutal du Franc Congolais, prévoyant un effet rebond qui propulserait le dollar bien au-delà des 3 000 FC. Plus grave, ils tablaient sur un assèchement des recettes fiscales payés en devises et sur des difficultés de trésorerie budgétaire pour assurer la paie des fonctionnaires.
Une stabilité durable d’un an grâce à une politique monétaire rigoureuse
Le fait marquant – et qui démontre que le Président de la République a eu raison de lui confier les clés de la monnaie – est que ce taux d’environ 2300 FC tient bon depuis près d’un an. Ce n’était pas un simple coup d’éclat éphémère, mais le résultat d’une ingénierie monétaire très stricte qui est passé par :
-Le tarissement des sources de spéculation : La BCC a verrouillé les vannes de la liquidité en Francs Congolais qui alimentaient autrefois les banques commerciales pour spéculer sur le dollar.
-La centralisation et le contrôle des flux de devises : En reprenant le contrôle strict sur l’importation de cash dollar et en imposant la bancarisation des transactions, la BCC a asséché le marché noir et canalisé l’offre de devises là où elle était réellement nécessaire (l’importation de biens de première nécessité).
-Le zéro financement monétaire : Une coordination parfaite avec le ministère des Finances a permis de s’assurer que l’État ne dépense pas un Franc Congolais de plus que ce qu’il ne récolte, éliminant ainsi la création monétaire toxique.
Dans le bilan de son action, cette mesure modifie complètement la trajectoire monétaire du pays :
Avant Wamesso, un taux à 2 850 FC, caractérisé par une impuissance publique face à la spéculation et une glissade continue de la monnaie nationale.
Avec Wamesso, son bilan actuel indique un taux stabilisé avec succès à ~2 300 FC. Près de 12 mois de stabilité parfaite, une inflation importée brisée à la racine, et la preuve par les faits que la souveraineté monétaire pouvait s’imposer face aux lois supposées intangibles du marché parallèle.
- Léon Mukanda Lunyama Junior