C’est une réforme discrète mais structurante. La RDC engage en 2026 la fin du système cédulaire, ce modèle hérité dans lequel chaque catégorie de revenu était imposée séparément, selon ses propres règles.
Il lui est désormais succèdé un modèle d’imposition globale des revenus, plus simple, modernisé et aligné sur les standards internationaux. L’objectif affiché par l’administration est double : élargir l’assiette et réduire l’évasion fiscale, dans un pays où le taux de pression fiscale demeure parmi les plus faibles du continent.
La Direction générale des impôts (DGI) accompagne ce virage d’une modernisation opérationnelle : généralisation de la télédéclaration, formulaires sécurisés téléchargeables en ligne, transmission dématérialisée des déclarations et des preuves de paiement. Côté calendrier, l’administration a fixé au 15 juin, la date limite de dépôt et de paiement des impôts dus au titre de mai — échéance désormais close.
L’enjeu n’est pas que technique. Pour Kinshasa, l’élargissement de l’assiette fiscale est la condition de l’autonomie budgétaire que réclament aussi bien le FMI que la Banque mondiale. Tant que les recettes intérieures resteront sous-mobilisées, l’État dépendra des cours des matières premières et des financements extérieurs pour équilibrer ses comptes.
La réforme de la fiscalité directe est donc, en creux, une réforme de la souveraineté financière.
Jerry Bossa