Bon à savoir/les fondements des institutions publiques : le pouvoir politique

Pratiquement tous les ethnoloques s’accordent pour affirmer que les phénomènes du pouvoir existent, sous des formes diverses. Dans toutes les sociétés.

On peut également affirmer sans conteste dans les sociétés contemporaines, tout individu a eu, a ou aura affaire un jour ou l’autre (si ce n’est tous les jours) à une forme de pouvoir : le père (la mère) de famille, le chef d’entreprise, le professeur détiennent tous une forme de pouvoir même s’ils ne l’exercent pas tous de la même façon.

Pour certains sociologues se réclamant de la tradition weberienne, le pouvoir est avant tout une relation sociale particulière et asymétrique entre deux individus ou groupes d’individus. C’est la capacité d’imposer une volonté (la sienne propre ou celle qu’on est chargée faire prévaloir) même contre une volonté contraire, en ayant recours, si nécessaire, à des moyens coercitifs  (contrainte physique par exemple). De ce point de vue, deux formes de pouvoir semblent s’opposer : l’autorité et la puissance. L’autorité apparaît comme une forme particulière du pouvoir : elle correspond à la capacité que l’on a à se faire obéir sans qu’il soit nécessaire de recourir à des tels moyens coercitifs. La légitimité de celui qui ordonne ou qui prescrit suffit en effet à imposer l’obéissance sans qu’un désaccord se manifeste. La puissance, quant à elle, correspond à l’incapacité de se faire obéir sans recourir à la force et à l’application eventuelle de sanctions punitives. L’influence est une troisième forme de pouvoir dont le moyen principal repose sur la persuasion.

Le pouvoir politique est une forme particulière du pouvoir : il s’exerce sur l’ensemble de la société (et non sur l’un de ses groupes intermédiaires en particulier). Cle pouvoir suprême ou souverain parce qu’il est supérieur à tous les autres formes de pouvoir existant dans la société.

Dans les sociétés démocratiques, il repose sur des instituions. Il n’est donc pas attaché à la personne d’un individu en particulier ni soumis à son arbitraire. Il est fondé sur la légitimité des dirigeants chargés de l’exercer au nom de la société qui leur a reconnu ce droit  (par une sorte de contrat social) dans le cadre d’une institution particulière appelée État.

(Tiré des Cahiers des Sciences Économiques et Sociales)

 

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