Par Jerry Bossa
Voilà une statistique qui tranche avec la prudence du collectif budgétaire. En avril, les régies financières de la République démocratique du Congo — Direction générale des impôts (DGI), Direction générale des douanes et accises (DGDA) et Direction générale des recettes administratives (DGRAD) — ont mobilisé 4 867,7 milliards de francs congolais, dépassant l’ensemble de leurs objectifs avec un taux de réalisation de 109,1 %.La dynamique se confirme sur la durée : sur les quatre premiers mois de l’année, les recettes publiques ont atteint quelque 4,5 milliards de dollars. Et au 15 mai, plus de 1 121 milliards de francs avaient déjà été collectés sur le mois, soutenus par l’échéance fiscale du premier acompte provisionnel de l’impôt sur les bénéfices et profits ; la prévision pour mai s’établissait à 1 997,0 milliards.Cette performance ne doit rien au hasard. Elle s’appuie sur l’élargissement de l’assiette fiscale et la modernisation de l’administration, au premier rang desquelles la facture normalisée et les dispositifs électroniques fiscaux. Pour mémoire, la loi de finances tablait sur 19 033,6 milliards de francs de recettes fiscales DGI, en hausse de 16 %, et 7 522,0 milliards de recettes douanières et d’accises. La montée en puissance de la mobilisation interne constitue le contrepoids le plus tangible au reflux des financements extérieurs — et la meilleure carte de la souveraineté budgétaire congolaise.