Comité de politique monétaire : Wamesso fait l’éloge de la résilience économique de la RDC

Dans un paysage macroéconomique mondial caractérisé par une décélération de la croissance (attendue à 3,0 % contre 3,5 % en 2025) et des incertitudes persistantes liées aux tensions géopolitiques (guerre au Moyen-Orient et son impact sur le marché pétrolier), la République Démocratique du Congo affiche une résilience notable.

Sous l’impulsion du Gouverneur Wamesso, la conduite de la politique monétaire de la BCC s’articule autour d’un arbitrage fin entre soutien à l’activité, maîtrise de la liquidité et préservation de la stabilité extérieure.

C’est ce que les observateurs ont noté du compte rendu fait par le Gouverneur André Wamesso de la réunion du Comité de la Politique Monétaire CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) tenue ce vendredi 17 juillet 2026.

Le patron de la BCC a commencé par annoncer un assouplissement monétaire stratégique pour accompagner une croissance qualifiée de vigoureuse.

En effet bénéficiant d’une conjoncture nationale stable et d’une prévision de croissance économique très robuste (5,7 % pour 2026, surpassant largement la moyenne subsaharienne de 4,3 %), le CPM a opté pour une baisse de ses taux directeurs qui passent de 13,5% à 12,5%, soit une reduction de 100 points de base et une facilité de prêt marginal qui connait un abaissement de 17,5% à 16,5%.

D’après Wamesso, cette détente des taux ne compromet pas la vigilance de la Banque Centrale ; elle est calculée pour préserver un taux d’intérêt réel suffisamment positif par rapport à une inflation anticipée à 4,7 %. Elle offre une marge d’action pour le financement de l’économie tout en s’adaptant à l’évolution favorable des prix.

Pour contrebalancer l’assouplissement de ses taux directeurs et contenir les risques d’excès de liquidités susceptibles d’alimenter l’inflation, la BCC a procédé à l’ajustement de ses instruments opérationnels :

– L’introduction du Bon BCC à 252 jours : cette nouvelle maturité plus longue est un choix technique clé. Elle vise à stériliser durablement la liquidité oisive du système bancaire, offrant un outil de régulation à plus long terme.

– Le maintien des coefficients de la réserve obligatoire : en maintenant ces coefficients inchangés (10,5 % et 0,0 % pour la monnaie nationale ; 12,5 % et 10,5 % pour les devises), la BCC stabilise le cadre prudentiel tout en concentrant son action sur l’open market (Bons BCC).

La stabilité externe et renforcement des amortisseurs de chocs : malgré des pressions inflationnistes importées au deuxième trimestre 2026 (inflation cumulée à 4,8 % à fin juin contre 2,3 % à fin mars), causées en grande partie par la hausse du prix du carburant à la pompe et des coûts logistiques, le cadre de change de la RDC fait preuve d’une solidité remarquable :

– Le comportement relativement ferme du Franc Congolais (CDF) : une appréciation de 1,95 % a été enregistrée sur le marché interbancaire (2 244,0 CDF/USD fin juin), compensant largement la légère dépréciation de 0,83 % sur le marché parallèle (2 328,62 CDF/USD). La perspective d’une stabilisation autour de 2 250 CDF renforce la prévisibilité pour les agents économiques.

– La consolidation des réserves de change : grâce à une accumulation trimestrielle robuste de 477,3 millions de dollars, les réserves internationales atteignent un volume historique de 8 184,61 millions de dollars US (soit 3,12 mois de couverture des importations). Ce matelas financier offre à la BCC les munitions nécessaires pour contrer toute volatilité excessive sur le marché de change.

– La gestion des risques et perspectives :

le CPM fait preuve de lucidité en identifiant des risques internes et externes majeurs qui appellent au maintien d’une politique prudente : Comme risques internes, il a été ciblé l’expansion de la liqidité publique en lin avec les dépenses militaires dans l’Est du pays, couplée à la hausse cyclique de la demande des ménages pour la rentrée scolaire.

Côté risques externes, les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement mondiales qui renchérissent le coût des produits importés, constituent l’essentiel.

Enfin, le Gouverneur a lancé un appel visant à privilégier l’utilisation du CDF pour l’épargne et les transactions commerciales qui procède d’une stratégie globale de dédollarisation de l’économie, indispensable pour accroître l’efficacité de la politique monétaire.

La conduite de la politique monétaire en RDC se révèle proactive et équilibrée. En adaptant ses taux à la baisse tout en se dotant d’outils de stérilisation de long terme (Bons à 252 jours) et en consolidant ses réserves officielles, la BCC parvient à immuniser relativement l’économie congolaise contre les secousses du marché pétrolier mondial liées aux crises géopolitiques, notamment du Moyen-Orient. La résilience affichée (5,7 % de croissance) témoigne de l’efficacité de ce pilotage, qui reste ancré sur un objectif strict de stabilité des prix et de maîtrise des anticipations.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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