Le mois où Kinshasa joue sa crédibilité devant le Fonds monétaire international

Tout, ou presque, se décide en juin. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international doit examiner ce mois-ci la consultation au titre de l’Article IV ainsi que la troisième revue du programme triennal congolais soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), assortie de la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), le volet climatique du dispositif. Au bout de cet examen, une somme : près de 456 millions de dollars prêts à être décaissés, dont 268 millions au titre de la FEC et 188 millions au titre de la FRD.Le terrain a été préparé. Le 7 mai, la mission du Fonds et les autorités congolaises étaient parvenues à un accord au niveau des services, sous réserve de validation par la direction générale puis par le Conseil. Dans son communiqué, l’institution de Washington a salué la résilience de l’économie congolaise « malgré les chocs externes » et un contexte sécuritaire dégradé dans l’Est du pays. Le programme FEC d’ensemble, approuvé en janvier 2025, porte sur environ 1,73 milliard de dollars sur trois ans.L’enjeu dépasse la seule trésorerie. Un feu vert du Fonds vaut certificat de bonne conduite macroéconomique : il rassure les bailleurs, conforte les réserves de change et envoie un signal aux capitaux privés que Kinshasa courtise activement. Un report ou des conditions supplémentaires, à l’inverse, fragiliserait un édifice budgétaire déjà tendu. C’est dire si la réunion de juin, dont la date précise reste attendue, constitue le rendez-vous financier majeur du trimestre.

Par Jerry Bossa — Kinshasa, le 19 juin 2026

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