La Banque centrale du Congo (BCC) poursuit le desserrement le plus spectaculaire de sa politique monétaire depuis des années. Le taux directeur a été ramené à **13,5 %**, en recul d’un point et demi, prolongeant un cycle entamé à l’automne 2025 — l’institut d’émission avait alors abaissé son loyer de l’argent de 25 % à 17,5 % en octobre. En moins d’un an, le taux a donc été quasiment divisé par deux.Ce que la BCC s’autorise, c’est la désinflation qui le permet. La hausse des prix en glissement annuel est revenue autour de **7,8 %** à fin septembre 2025, contre 11,7 % à fin 2024, faisant remonter les taux d’intérêt réels et ouvrant la voie à un soutien plus franc au crédit et à l’activité. Le cadre budgétaire 2026 mise sur une poursuite de la décrue, avec une inflation moyenne projetée à 4,4 %.Le franc congolais, lui, encaisse le mouvement sans décrocher. Les derniers relevés disponibles le situent autour de **2 306 CDF pour un dollar à l’indicatif** et **2 318 CDF au marché parallèle**, contre environ 2 220 CDF en février : la dépréciation est réelle mais graduelle, et l’écart entre les deux marchés reste inférieur à 1 %, signe d’un marché des changes ordonné. La BCC entend par ailleurs renforcer son dispositif prudentiel, avec l’objectif de durcir d’ici juin les plans de prévention et de gestion des crises bancaires. Reste la question de fond: jusqu’où l’assouplissement peut-il aller sans rallumer les tensions sur la monnaie ?
Par Jerry Bossa