La situation concernant l’épidémie d’Ebola est aussi préoccupante que critique présentement en RDC.
Le ministre national de la santé, Mr Kamba, a officiellement déclaré, après un amer constat sur terrain, la 17ème épidémie d’Ebola en RDC dans sa conférence de presse du 15 mai 2026.
Il a rapporté que la souche identifiée est le virus bundibugyo qui constitue un point d’inquiétude majeur car contrairement à la souche « Zaïre », celui-ci n’a ni vaccin ni traitement spécifique homologué à ce jour pour ce variant.
La célérité de la contamination est telle qu’au jour d’aujourd’hui l’on dénombre 336 cas, confirmés et suspects, avec au moins 87 décès répertoriés dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, particulièrement dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia.
L’OMS, évaluant les risques pour la santé publique mondiale, n’a pas hésité à porter l’évènement au rang d’ »Urgence de santé publique de portée internationale ». Une mesure exceptionnelle qui répond à des critères juridiques et sanitaires très précis.
En effet, sa propagation accélérée dans la province d’Ituri et sa forte létalité- nombre des décès par rapport aux cas-, ont alerté les experts de l’OMS.
La proximité des zones touchées avec les frontières de l’Ouganda et du Soufan du Sud, associée aux mouvements de la population fuyant l’insécurité accroît significativement le risque de débordement transfrontalier.
Il y a plus que nécessité pour une lutte efficace, d’une réponse coordonnée à travers une mutualisation des ressources nationales et internationales pour gérer cette situation rendue complexe par le contexte sécuritaire précaire prévalant en Ituri.
Ce statut d’urgence transforme ainsi cette crise sanitaire locale en une priorité de sécurité sanitaire mondiale, la communauté internationale ne restant plus simple spectatrice de la progression de l’épidémie.
Y a-t-il des risques à craindre pour Kinshasa ?
La question est tellement légitime qu’elle est prise très au sérieux par les autorités sanitaires locales. Un recent rapport de week-end parle de l’identification des cas suspects dans la capitale. Bien que ces cas font l’objet des investigations drastiques par l’ INRB, leur découverte confirme l’hypothèse selon laquelle le virus ait pu passer par les axes de transport avant l’application des contrôles stricts.
Cependant la grande mobilité de la population entre l’Est du pays et la capitale par voie aérienne constitue le principal facteur de risque.
C’est pourquoi les autorités sanitaires ont réactivé les dispositifs de contrôle sanitaire, notamment le screening thermique et le lavage des mains, dans les principaux points d’entrée qui sont les aéroports de N’djili et Ndolo ainsi que les ports fluviaux.
Tout ceci milite pour le retour dans la capitale des campagnes de sensibilisation générale, comme à l’époque du Covid-19, pour le retour au respect des gestes barrières d’hygiène afin de prévenir les risques de propagation jugés élevés en raison de l’absence de vaccin disponible, de l’insécurité en Ituri qui complique la riposte et de la forte densité démographique à Kinshasa.
Le gouvernement de la République appelle donc la population, particulièrement de la capitale, à la vigilance, sans verser dans la panique.
Léon Mukanda Lunyama Junior