Pour une gestion fiscale efficiente de Kinshasa, la DGRK bientôt reformee

Sous l’impulsion du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, il s’est tenu du 14 au 15 mai 2026 à l’Hôtel Fleuve Congo, un atelier réunissant les experts de la DGRK et des membres du cabinet du gouverneur, chargé d’étudier et de préparer la réforme de l’administration fiscale provinciale pour rompre avec l’inefficacité chronique de la collecte des recettes de Kinshasa.

Depuis sa création en 2008, la DGRK a en effet montré des signes d’essoufflement et des failles structurelles dans la mobilisation des recettes fiscales et parafiscales. Le budget de la capitale est évalué à 1,2 milliards de USD, un montant plus qu’insuffisant pour répondre aux défis de gestion d’une mégalopole de près de 20 millions d’âmes.

L’objectif clairement affiché par Daniel Bumba est doter sa ville d’un budget significatif  depassant largement ce niveau.

L’atelier technique a donc abouti à  des résolutions concrètes qui redéfinissent l’architecture financière de la ville de Kinshasa.

L’idée centrale était de valider le cadre juridique et opérationnel de la réforme.  L’atelier a proposé la scission de la DGRK en deux entités d’administration fiscale distinctes pour mettre fin à la concentration des pouvoirs et spécialiser les services.

Ainsi la DGRK sera officiellement remplacée par deux nouvelles régies financières provinciales. Ils’agit de la Direction Générale des Recettes Fiscales de Kinshasa, DGRFK, chargée uniquement de la gestion de l’assiette, du contrôle, du recouvrement et du contentieux liés aux impôts provinciaux. Et de la Direction Générale des Taxes de Kinshasa, DGTK,  qui elle, est chargée de l’ordonnancement et du recouvrement des droits et redevances ou des recettes non fiscales.

Cependant, la mise en oeuvre d’une réforme de cette ampleur pour une fiscalité performante est un vrai saut d’obstacles. En raison d’embûches de parcours qui sont les coût élevé de la mise en place des deux structures en termes de moyens financiers, logistiques,  technologiques et humains à mobiliser.

Pour une administration fiscale efficiente, il faut une identification exhaustive des contribuables. Car faute d’un recensement foncier et économique fiable, les deux nouvelles régies travailleront, à coup sûr, à l’aveugle.

Par ailleurs, il faudra anticiper la résistance au changement, habituellement constatée lors des réformes qui impliquent toujours une redistribution des cartes.

En termes de création d’emplois, la réforme devrait générer 5 000 nouveaux poste au sein de l’administration urbaine pour assurer une couverture intégrale de la capitale.

L’atelier a validé la modernisation et la digitalisation des circuits de paiement pour éradiquer le coulage des recettes.

A quand l’arrêté créant ces deux regies?

Les projets d’arrêtés ont été finalisés et  validés techniquement lors de cet atelier. Le calendrier prévisionnel fixe la signature et la publication de l’arrêté provincial par le gouverneur Daniel Bumba dans les semaines suivant l’atelier, soit d’ici la fin du mois de mai ou en juin prochain.

Un texte réglementaire qui viendra acter la dissolution de l’ancienne DGRK et la nomination des nouveaux animateurs de deux nouvelles régies.

L’exécutif provincial souhaite aller vite pour qu’elles soient pleinement opérationnelles avant la fin du second semestre 2026, afin d’atteindre les objectifs budgétaires ambitieux liés au programme « Kinshasa ezo bonga ».

Léon Mukanda Lunyama Junior 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *