La coalition politique C64 traverse une zone de vives turbulences, marquée par des reports successifs de ses manifestations et des divisions internes grandissantes. Initialement prévue le 08 juillet, puis repoussée au 22 juillet, la préalable marche de contestation contre la révision constitutionnelle, muée en marche pour la démission de Felix Tshisekedi, a finalement été annulée au profit d’un ultimatum adressé au chef de l’État pour exiger la convocation d’un dialogue au plus tard le 15 août.
Cette stratégie de dernier recours suscite la fronde de plusieurs figures de la coalition C64, qualifiant ces atermoiements de pure « comédie ». Parmi les voix discordantes, Alain Bolodjwa, connu pour ses multiples critiques acerbes à l’égard du pouvoir, n’attend plus rien de ce mouvement de circonstance dont les membres poursuivent chacun son « objectif ». Tandis que Me Laurent Onyemba, porte parole d’Ensemble pour la République, se montre plus radical. Ce dernier fustige un reniement de l’objectif initial de la coalition — à savoir faire barrage à la révision constitutionnelle — désormais réduit à une simple tentative de négociation pour un partage du pouvoir. Face à ce qu’ils qualifient d’immobilisme et de lâcheté politique, ces membres appellent ouvertement à la dissolution pure et simple de la C64.
Pour de nombreux observateurs, cette cacophonie illustre les limites d’un regroupement hétéroclite uni davantage par la haine partagée contre le président Félix Tshisekedi que par une réelle convergence idéologique. Derrière les discours de façade, la quête d’une parcelle de pouvoir et de privilèges personnels, grace à l’éventuel dialogue national, semble primer sur les aspirations électorales de la population, laissant présager un échec certain de leur ultimatum face à un pouvoir qui devrait, selon toute vraisemblance, l’ignorer superbement.
Léon Mukanda Lunyama Junior