Cobalt : le pari congolais des quotas continue de tendre le marché

 

Premier producteur mondial de cobalt, la RDC a fait un choix lourd de conséquences : substituer aux interdictions d’exportation un système de quotas annuels, plafonnés à 96 600 tonnes pour 2026 et 2027 — dont 87 000 tonnes d’exportations directes des compagnies minières et 9 600 tonnes de quotas dits « stratégiques », attribués à la seule discrétion de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS).

La logique est assumée : en contrôlant l’offre du métal dont elle détient la première place mondiale, Kinshasa cherche à soutenir des prix mondiaux longtemps déprimés et à accroître les revenus tirés de la ressource.

Le dispositif, mis en place en octobre 2025 après une suspension totale des exportations début 2025, a effectivement contribué à stabiliser le marché. Mais à quel prix ? Les opérateurs, au premier rang desquels figure le chinois CMOC, se retrouvent sous pression, et des tensions remontent du terrain.

Le pari est risqué. En jouant sur la rareté, la RDC parie que la demande — tirée par les batteries et la transition énergétique — restera captive de son cobalt malgré le signal-prix et les efforts de diversification des acheteurs. À court terme, la stratégie soutient les recettes budgétaires. A plus long terme, elle teste la fidélité d’un marché qui ne s’accommode de rien plus que la prévisibilité. Le cobalt congolais demeure, avec le cuivre, le véritable moteur — et le principal facteur de vulnérabilité — de la conjoncture nationale.

Jerry BOSSA

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