Quel discours de la Rdc aux réunions de printemps 2026 des institutions de Bretton Woods à Washington

Il se déroule à Washington du 13 au 18 avril courant, les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale(BM). Les débats tournent autour de l’idée majeure de la croissance inclusive et la stabilité dans un monde fragmenté.

L’édition 2026 se tient dans un contexte économique mondiale soumis à de fortes tensions géopolitiques et des chocs énergétiques.

Il y est question de résilience de l’économie mondiale face aux chocs budgétaires et de fourniture énergétique mondiale, tout en finançant le développement durable.

Les sous-thèmes traités sont la sécurité hydrique ou l’eau comme moteur de croissance économique; le financement du développement face à la dette ou la viabilité de la dette; les perspectives économiques et les risques géopolitiques ou l’impact des conflits actuels sur les prix de l’energie et l’inflation; la technologie et l’innovation financière ou le rôle de nouvelles technologies dans l’inclusion financière et de l’IA dans les économies émergentes; et enfin le climat et la transition énergétique, ou la souveraineté énergétique par la conciliation de la décarbonation et des garanties d’un apport énergétique stable dans un contexte de guerre.

Le mercredi 15 avril, la BM prévoit un événement dénommé « Place à l’eau, source d’emplois et de prospérité ». Elle entend lancer officiellement une nouvelle initiative mondiale cruciale dont l’objet est la transformation de la gestion de l’eau comme moteur de croissance économique. L’objectif ultime étant de sécuriser l’accès à l’eau pour 400 millions de personnes d’ici 2030.

D’après les experts de la BM, l’investissement dans l’eau est rentable et structurant pour les économies nationales à travers la création d’emplois (agriculture, industrie et services); les investissements privés (l’eau est bancable ou « investissable »); et la résilience et l’innovation via le recours aux outils numériques et données pour optimiser la distribution etla conservation des ressources.

Cet événement est important à juste titre, car l’insécurité hydrique est un frein à la croissance du PIB. La recommandation de la BM est de passer d’une gestion de crise à une gestion proactive où l’eau devient une infrastructure de base pour la prospérité inclusive principalement dans les régions vulnérables comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud.

L’intervention de Judith Suminwa 

La première ministre de la Rdc, Mme Judith Suminwa entend saisir cette opportunité pour appeler à la transformation du « potentiel » passif des eaux de la Rdc en un « actif » économique bancable et sécurisé.

Pour attirer les investisseurs, son argumentaire se base sur les axes suivants:

Primo, l’eau productive. Loin de se focaliser essentiellement sur son aspect social, l’eau est présentée comme un levier d’industrialisation et de l’emploi. En effet, avec plus de 50% des reserves d’eau douce d’Afrique, la Rdc reste le « moteur hydraulique » du continent. L’eau est le carburant de la transformation locale des minerais critiques et du developpement agro-industriel, deux secteurs générateurs de millions d’emplois. L’objectif est d’attirer les financements pour des infrastructures mixtes.

Par ailleurs, elle insiste sur les projets structurés dejà existants à l’échelle régionale. A l’instar du Programme régional de valorisation des ressources en eau frontalière, dénommé PREDIRE et expérimenté avec la RCA.

Un argument de taille à même de rassurer les partenaires sur la capacité de la Rdc à gérer des projets complexes et transparents, nécessaires pour debloquer les garanties de financement climatique.

Enfin dans un contexte de tensions à l’Est, la gestion de l’eau est directement liée la stabilité régionale. Elle martele sur le fait qu’investir dans l’eau en Rdc, c’est investir dans la stabilité de toute l’ Afrique centrale et australe.

La première ministre positionne donc la Rdc comme « pays-solution » pour la transition énergétique mondiale à travers le projet grand Inga, tout en exigeant une compensation juste pour la préservation de ses écosystèmes hydriques et forestiers, soit le couple crédits carbone/biodiversité.

Le message lancé est loin d’être ambigu, la Rdc ne quémande point l’aide humanitaire mais soumets plutôt une proposition d’ investissement stratégique où l’eau devient le socle d’une prospérité partagée.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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