L’échec prévisible de négociations d’Islamabad du 11 et 12 avril derniers, censées déboucher sur la fin de la guerre du Moyen orient, a fait place à l’échange des menaces entre américains et iraniens.
Après 21 heures de négociations marathons conduites par le vice-président américain JD Vince et le président du parlement iranien Muhammad Ghalibaf, les discussions ont achoppé sur deux problèmes difficilement négociables, à première vue.
L’abandon total et vérifiable de toute capacité nucléaire, civil et militaire, par l’Iran, ainsi que l’exige Washington. Une condition que l’Iran a balayé du revers de la main, estimant que l’on ne peut l’obliger à se départir de son ultime levier de souveraineté.
L’autre point de blocage est la suspension voulue par l’administration Trump de l’imposition par l’Iran des taxes de transit à tout navire traversant le détroit d’Ormuz, en guise de compensation aux sanctions. Une initiative considérée comme du racket inacceptable pour l’administration Trump.
Face à ce constat d’échec le président Trump a annoncé dimanche 12 avril sur son réseau Truth Social que les USA vont mettre en place un blocus naval dans le détroit d’Ormuz. Deux destroyers seraient déjà en place en opération de déminage, a-t-il affirmé.
Cette situation inédite d’un double blocus, parait explosive pour le commerce mondial et la sécurité régionale déjà mise à l’épreuve par le conflit armé.
Deux forces antagonistes vont désormais s’affronter sur le même verrou stratégique, à la suite de ce double blocus.
L’Iran à travers le sien, maintient de facto un contrôle physique et miné du détroit, interdisant le passage des navires commerciaux et militaires occidentaux. Et le blocus américain instauré par Trump qui charge l’US Navy d’intercepter tout navire sortant des ports iraniens ou ayant payé des droits de passage à l’Iran. Astuce trouvée pour étouffer les exportations pétrolières iraniennes restantes.
La région se dirige inexorablement vers une impasse de pression maximale réciproque, qui débouchera à n’en pas douter sur une escalade militaire directe.
D’une guerre d’ »ombres », le conflit passerait à une phase de confrontation frontale. Les vedettes rapides iraniennes devront faire face aux destroyers américains.
Le choc pétrolier va davantage s’aggraver car le blocage sera non seulement prolongé mais total du fait de ce double blocus. Le prix du baril déjà fixé au delà des symboliques 100 dollars, risque d’atteindre de nouveaux sommets.
Dans ce contexte qui s’annonce explosif, la sortie de crise qu’envisage Trump, qui mise sur la pression de ce blocus militaire pour contraindre l’Iran à revenir sur la table des négociations avec de grandes concessions, produira si l’on y prend garde, une fuite en avant militaire du régime iranien ainsi acculé plutôt que d’accepter la capitulation économique.
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Léon Mukanda Lunyama Junior