C’est en se référant au rapport du Ministre des mines, Louis Watum Kabamba, récemment en itirance au Nord Est du pays dans plusieurs foyers miniers, que le Président de la République a, au cours de la dernière réunion du conseil des ministres, appelé à l’assainissement total du secteur.
En effet, le rapport fait état d’une exploitation illicite et d’une fraude minières, exercées dans des zones qualifiées de non-droit où le désordre qui règne, loin d’être une absence de structures, est plutôt une structure échappant complètement à la régulation de l’Etat. Une situation favorable à la porosité des frontières qui facilte l’évacuation illégale des minerais vers les pays voisins et à l’informalité, avec plus de 80% d’exploitation qui échappe aux statistiques officielles.
De plus cette exploitation extractive minière anarchique se poursuit en Ituri, au Maniema et au Bas-Uele, avec de graves atteintes à la dignité humaine, à l’environnement et à la réglementation en la matière.
Une économie de prédation marquée par un pillage systématique des ressources minières, orchestré par une multitude d’acteurs dont les groupes armés rebelles, des élites corrompues et des négociants clandestins.
De ce chaos systémique, il résulte une criminalité trasnationale parfaitement organisée; une contrebande qui approvisionne des réseaux mondiaux de blanchiment et d’approvisionnement de minerais de sang.
Un cadre non régi par le code minier qui est superbement ignoré et où les mineurs artisanaux sont victimes d’asymétrie de l’information car maintenus le plus souvent dans l’ignorance de la valeur réelle de leurs extractions. Une organisation maffieuse très efficace qui engrange des milliards de dollars au profit des intérêts privés et au détriment du Tresor congolais.
C’est dans ce contexte chaotique que le Président de la République a décidé de la mise en place d’une machine de répression à la hauteur des abus perpetrés dans le secteur depuis des decades.
Les ministères des Mines, de l’Intérieur, de la Défense et de l’Environnement sont chargés de la mise en oeuvre de l’assainissement de ce secteur
Un dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre la fraude et l’exploitation minière illicite prévoyant la saisie de moyens techniques d’exploitation (dragues, pelleteuses, autres engins lourds,…), la traçabilité ou la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de la chaine de valeur (du site d’extraction jusqu’aux points de sortie du territoire nationa)l; l’identification des exploitants illégaux et leur poursuite devant les cours et tribunaux pour des sanctions sévères, est mis en place.
Un plan d’actions offensif et coordonné adopté par le conseil des ministres qui constitue un cadre d’opérations, allant de la simple surveillance à une répression sévère du « banditisme économique ». Tel est le message qu’a véhiculé le porte parole du gouvernement, Patrick Muyaya dans son point de presse.
Il s’agit de la traque des « acteurs artisanaux avec des moyens techniques industriels » sous couvert de permis artisanaux.
Ĺ’objectif affirmé est aussi de couper les vivres aux groupes armés et leurs soutiens extérieurs, dans une stratégie de séchage de ressources.
Par ailleus, ces mesures d’assainissement doivent inciter les véritables artisans mineurs à se faire identifier dans les circuits formels pour bénéficier de la protection de l’Etat et également à inciter les populations locales à dénoncer les activités suspectes de minage illégal.
Sur terrain, des missions mixtes rassemblant les différents ministères mentionnés ci-dessus seront régulièrement menées pour identifier et fermer les sites d’exploitation non répertoriés; saisir les minerais extraits illégalement pour le réintégrer dans le patrimoine de l’Etat; et enfin auditer les comptoirs d’achat pour retracer l’origine de chaque minerais.
L’occasion est donnée au ministere de tutelle de remettre sur les rails l’Inspection Générale.des Mines (IGM), longtemps laissée pour compte. Sur instruction du Chef de l’Etat, le ministre des Mines, a été chargé de doter l’IGM de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
La volonté politique de passer du catalogue de bonnes intentions à des resultats palpables, semble perceptible.
Le secteur minier constitue l’epine dorsale de l’economie nationale. Un secteur moteur qui malheureusement renferme des pans entiers qui fonctionnent en marge des exigences de transparence, d’équité et de développement durable.
Léon Mukanda Lunyama Junior