Le mois de juin 2026 va marquer d’ici quelques jours, l’ouverture de 23ème coupe du monde de la FIFA, événement sportif mondial de premier plan et qui pour la première fois alignera 48 équipes en lice et se déroulera simultanément dans trois pays dont le Mexique, le Canada et les USA, également une première.
Une fête footbalistique planétaire qui, malheureusement, coïncide avec la résurgence dramatique de l’épidémie d’Ebola déclarée « Urgence de santé publique » par l’OMS en Afrique centrale.
Cédant à la psychose, les USA ont choisi de dresser un mur sanitaire, par des mesures de restrictions d’entrée sur son sol visant essentiellement les ressortissants de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Mais également de tous les ressortissants étrangers ayant séjourné dans ces trois pays, aujourd’hui parias, au cours des semaines précédentes.
La mesure s’étend aussi aux résidents permanents détenteurs de la carte verte qui y ont séjourné.
L’ambassade américaine de Kinshasa a suspendu l’octroi des visas, bloquant de fait l’entrée de nombreux voyageurs.
Cette position américaine drastique a poussé le Canada et le Mexique à s’aligner. Avec une suspension decretée par la Canada, des documents d’immigration pour les résidents de zones à risques pour 3 mois et une imposition d’une quarantaine stricte de 21 jours pour ses citoyens de retour.
Le Mexique, quant à lui, a décidé de renforcer les contrôles aéroportuaires et exigé un isolement de 21 jours.
La phobie américaine : un mécanisme de défense historique
Déjà entre 2014 et 2016, l’opinion publique avait été traumatisée, avec les médias américains qui avaient enflé la menace face aux alertes Ebola de l’époque. Quelques rares cas importés aux USA avaient créer une psychose nationale qui pris un vbon delai avant de s’estomper.
La réponse américaine à l’épidémie de 2026 est plus disproportionnée, de l’avis de beaucoup d’observateurs. Interdiction d’entrée totale et suspension d’octroi des visas, sont jugées excessivement sévères comparées à ́l’approche plus nuancée du Canada et du Mexique qui préconisent la mise en quarantaine des voyageurs.
Il y a lieu de relèver ici le décalage potentiel entre les protocoles de l’OMS, qui ne recommande généralement pas les interdictions de voyager et les choix politiques américains dictés de toute évidence par la peur du risque zéro à l’approche des échéances électorales de mi-mandat que Trump redoute tant.
Le rêve brisé des supporters congolais et l’impact sur le mondial
Cette situation pénalise énormément les supporters congolais qui ont dépensé des fortunes en achat des billets d’avion et des tickets de la FIFA très coûteux, et qui sont aujourd’hui bloqués.
L’absence des supporters congolais ou leur nombre insignifiant va créer un déséquilibre dans les stades par rapport aux autres nations.
Sur les plans diplomatique et institutionnel, le gouvernement central, à travers le ministère des Sports a manifesté sa colère et son indignation en face de cette situation. La Fecofa a été chargé de mener officiellement des démarches auprès de la FIFA pour réclamer le remboursement des billets à défaut d’une médiation.
La FIFA demeure cependant impuissante, préférant observer un silence radio qui indique l’inconfort de sa position, coincée entre ses protocoles d’inclusion et la souveraineté sanitaire des USA.
Cela augure d’un futur débat plus large sur l’attribution des compétitions sportives mondiales, sur la place : devrait-on continuer à confier la coupe du monde à des pays dont la politique des visas et les barrières sanitaires excluent de fait certains ressortissants des nations qualifiées.
Ainsi qu’on peut le constater, Ebola à travers son variant Bundibugyo est devenu le 12ème joueur invisible de ce Mundial dictant sa loi par la peur.
Ce précédent américain ne va-t-il pas redéfinir les critères d’accueil des futurs événements sportifs mondiaux où la santé publique devient un instrument de tri migratoire.
Le football a pour vocation l’union des peuples, la politique sanitaire ne devrait pas l’éloigner de cet objectif.
Léon MUKANDA Lunyama Junior