Il se tient depuis ce mercredi 15 au vendredi 17 juillet 2026 à l’Hôtel Hilton à Kinshasa, un forum de haut niveau organisé par la Chambre des mines de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Il s’agit d’un forum consacré à l’évolution du cadre juridique, réglementaire et institutionnel en RDC.
En effet, le gouvernement, sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, envisage une nouvelle révision du Code minier en vigueur. L’objectif est de renforcer le controle de l’Etat tout en cherchant un meilleur équilibre entre l’attractivité pour les investisseurs et la protection des intérêts nationaux, entre autres le développement communautaire, la préservation de l’environnement et la création d’emplois.
Au centre des enjeux, des discussions sur des points critiques tels que la stabilité des règles, la lutte contre la spéculation sur les titres, la traçabilité des minerais, la transformation locale et l’utilisation réelle des fonds destinés aux communautés.
Néanmoins, la FEC s’offre une tribune pour faire entendre les préoccupations des opérateurs miniers, dont un bon nombre redoutent que certaines modifications réglementaires n’affectent la compétitivité du secteur congolais. Les conclusions qui seront issues de ces échanges sont destinées à nourrir les réflexions du partenaire gouvernemental.
Le rôle du Cadastre minier
En tant qu’autorité régulatrice du domaine minier en RDC, le Cadastre miner joue un rôle technique et institutionnel central dans toute réforme touchant au secteur minier. Sa contribution peut s’articuler autour des axes suivants :
1) L’expertise technique et cartographique : le CAMI gère la cartographie et le registre des titres. Lors d’une révision de code, il fournit les données factuelles sur l’état des lieux du domaine minier, notamment les titres valides, les périmètres et les zones libres. Données essentielles pour toute décision sur l’attribution ou la gestion des concessions.
2) La lutte contre la spéculation : le CAMI en tant que gestionnaire des titres et du suivi des procédures, est un acteur clé pour appliquer les mesures visant à assainir le secteur, notamment par la radiation des titres expirés ou non exploités, permettant ainsi de rendre le domaine minier plus dynamique et transparent
3) Interface institutionnelle : en tant qu’interface entre l’administration minière, les entreprise et les porteurs de projets, le CAMI est le mieux placé pour évaluer la faisabilité technique des réformes envisagées. Il ainsi aider à traduire les intentions politiques de la réforme en procédures administratives claires et applicables.
4) Digitalisation et transparence : avec ses récents efforts de numérisation, le CAMI peut proposer des mécanismes pour automatiser certains processus, un point crucial souligné dans les débats actuels sur le code minier.
En définitive, le Dg Mabolia devrait y tenir un discours d’équilibre, alliant fermeté régalienne (contrôles plus stricts et lutte anti-spéculation) et modernisation technologique (simplification et transparence) pour rassurer le secteur privé tout en s’alignant sur la volonté du gouvernement Suminwa de reprendre le contrôle stratégique des richesses du pays.
Léon Mukanda Lunyama Junior