Dans une décision forte actée lors du 94e Conseil des ministres tenu ce vendredi 10 juillet, le Président de la République a sifflé la fin de la récréation. Il a exigé le retrait immédiat et définitif de tout personnel militaire et policier présent illégalement au sein des sites miniers à travers l’ensemble du territoire national.
Cette directive présidentielle marque un tournant décisif dans la volonté affichée par les autorités de mettre un terme à des pratiques qui, trop longtemps, ont gangrené le secteur extractif congolais.
Une mesure de salubrité publique et de gouvernance
Le constat dressé par le Chef de l’État est sans appel : la présence des forces de défense et de sécurité dans les zones minières est devenue, au fil du temps, un foyer d’insécurité permanente. Abus de pouvoir, actes d’intimidation à l’encontre des exploitants et des communautés locales, tracasseries administratives en tout genre : ces comportements ont durablement terni l’image de la République Démocratique du Congo.
« Cette situation n’est plus tolérable. Elle porte une atteinte grave à l’autorité de l’État, discrédite les réformes structurelles que nous avons engagées et sape la confiance nécessaire de nos partenaires investisseurs », aurait martelé le Président lors de la séance.
Assainir le climat des affaires
Au-delà de la question sécuritaire, l’enjeu est avant tout économique et stratégique. En ordonnant ce retrait, Kinshasa cherche à restaurer un climat serein pour les opérateurs miniers légaux, trop souvent victimes de pressions indues.
L’objectif visé est clair. C’est avant tout de renforcer la gouvernance minière en laissant aux services compétents (mines, environnement, services de sécurité habilités) l’exercice de leurs prérogatives légales.
Egalement rassurer les investisseurs en garantissant que l’activité minière se déroule dans un cadre réglementaire strict, exempt de toute interférence militaire.
Enfin, réhabiliter l’image du pays sur l’échiquier international en prouvant que la RDC est capable de réguler efficacement son secteur extractif.
Vers une application stricte
La balle est désormais dans le camp des services de sécurité et des autorités provinciales, qui devront veiller à l’exécution sans faille de cette instruction. La mesure est « immédiate et définitive », soulignant l’impatience de la hiérarchie face à une situation qui, par ses dérives, entravait le développement d’une industrie minière transparente et protectrice des intérêts nationaux.
Ce 94e Conseil des ministres restera donc, pour les observateurs, comme celui de la reprise en main du secteur minier. Reste maintenant à suivre avec attention les mécanismes de contrôle qui seront mis en place pour garantir que ce retrait ne soit pas qu’un effet d’annonce, mais bien le début d’une ère nouvelle pour l’exploitation minière en RDC.
Léon Mukanda Lunyama Junior