Vers une gouvernance minière éclairée : l’Université Nouveaux Horizons, le Centre Carter et le CREFDL lancent une revue scientifique inédite sur les revenus extractifs à Lubumbashi

C’est un jalon majeur pour la recherche et la transparence dans le secteur extractif congolais. Ce mardi 27 octobre 2026, l’Université Nouveaux Horizons (UNH), agissant en partenariat stratégique avec le Centre Carter et le Centre de Recherche sur les Finances Publiques et le Développement Local (CREFDL), a officiellement procédé au lancement d’une nouvelle revue scientifique dédiée à la redevance minière et à la gestion des revenus extractifs.

​Présentée au cœur de la capitale cuprifère, cette publication ambitionne de combler un fossé persistant : celui qui sépare traditionnellement la recherche universitaire des réalités complexes du terrain minier en République Démocratique du Congo.

​Démocratiser le savoir pour mieux gouverner

​À l’heure où les questions de traçabilité, de redevabilité et de redistribution des richesses minières cristallisent toutes les attentions, cette revue se positionne comme un pont entre le monde académique, les institutions publiques et les communautés locales.

​Pour Fabien Mayani, représentant du Centre Carter à cette cérémonie, l’initiative repose sur une conviction profonde : la nécessité de promouvoir une gouvernance plus transparente et participative.

​« Cette publication est un moyen concret de démocratiser la gouvernance minière. Elle vise à permettre aux communautés locales, aux organisations de la société civile et à l’ensemble des parties prenantes de s’approprier les règles qui régissent la perception, la répartition et l’utilisation des revenus miniers », a-t-il souligné.

​Pourquoi cette revue est d’un intérêt crucial pour les acteurs du secteur et le gouvernement ?

​Au-delà de sa portée académique, cette nouvelle parution répond à des urgences programmatiques et opérationnelles bien précises pour les différents acteurs de la chaîne minière :

​1. Pour les communautés locales et la Société Civile : l’outil de l’empowerment

​Trop souvent perçue comme un concept technocratique impénétrable, la gestion des redevances minières échappe aux premiers concernés : les populations locales qui subissent les externalités négatives de l’exploitation. La revue offre une grille de lecture accessible et rigoureuse pour décrypter les mécanismes légaux et financiers. Elle donne ainsi à la société civile les munitions factuelles et documentées nécessaires pour exiger la reddition des comptes auprès des entités territoriales décentralisées (ETD) bénéficiaires des quoteparts légales.

​2. Pour les opérateurs économiques et entreprises minières : l’exigence de prévisibilité et d’acceptabilité sociale

​Dans un contexte où la viabilité des investissements dépend de la paix sociale, les entreprises ont tout à gagner d’un débat public apaisé et basé sur des données scientifiques vérifiables. En éclairant les flux financiers et l’impact réel des investissements communautaires (comme la mise en œuvre des cahiers des charges des parties prenantes), cette revue aide à prévenir les conflits fonciers et sociaux, garantissant un climat des affaires plus serein et prévisible.

​3. Pour le Gouvernement et les régulateurs : un éclairage pour l’optimisation des politiques publiques

​Pour les pouvoirs publics, qu’il s’agisse des administrations nationales ou provinciales, la revue constitue une source inestimable d’évaluations indépendantes. En mettant en lumière les goulots d’étranglement dans le recouvrement, le transfert et l’affectation des redevances, les articles publiés fournissent aux décideurs des recommandations pragmatiques. C’est un appui de taille pour renforcer les réformes fiscales en cours, améliorer la collecte des recettes publiques et optimiser l’impact du secteur minier sur le développement national.

​Vers un observatoire pérenne de la transparence

​En unissant leurs expertises — l’ancrage académique de l’Université Nouveaux Horizons, l’expérience internationale du Centre Carter en matière de droits humains et de gouvernance, et l’acuité budgétaire du CREFDL —, les initiateurs de ce projet posent les bases d’un débat public désormais ancré dans la science et la transparence.

​Cette revue de Lubumbashi ne se contente pas de documenter le présent ; elle dessine les contours d’une gestion minière où la richesse du sous-sol profite véritablement, et de manière mesurable, au développement du pays.

Léon Mukanda Lunyama Junior

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