Face à l’actuelle épidémie d’Ebola qui sévit à l’Est de la RDC et en Ouganda, la recherche autour de la souche spécifique Bundibugyo connaît une accélération sans précédent, s’apparentant à un contre-la-montre inédit.
Si le monde a appris à dompter le variant Zaïre grâce aux vaccins pré-qualifiés comme l’Ervebo, le variant Bundibugyo reste un défi majeur. Les données scientifiques sont on ne peut plus claires : l’immunité acquise contre une souche d’Ebola ne protège pas efficacement contre une autre.
Au regard d’un taux de létalité qui peut rapidement grimper, l’absence d’un vaccin spécifique homologué pour ce variant, a conduit l’OMS et la Coalition pour les Innovations en matière de Préparation aux Epidémies (CEPI) à activer des protocoles d’urgence.
Les deux organisations internationales ont pour accélérer le développement d’un vaccin aligné plusieurs candidats. La riposte scientifique ne part généralement pas de zéro. En s’appuyant sur les plateformes technologiques éprouvées lors de la crise du Covid-19 et des précédentes épidémies d’Ebola, trois designs de vaccins, sont présentement accélérés pour entrer en essais cliniques :
– La plateforme rVsV ou le vecteur viral, porté par l’IAVI, elle utilise le même modèle que le vaccin contre la souche Zaïre. L’OMS estime qu’il faudra probablement 7 à 9 mois avant que ce produit ne soit prêt pour l’homme.
– La plateforme ChAdox1 de l’Oxford/Serum Institut of India : des chercheurs britanniques ont rapidement adapté leur plateforme vaccinale; du reste déjà éprouvée pour le Covid-19, afin de développer un vaccin expérimental ciblant la souche Bundibugyo. La CEPI a injecté des fonds de l’ordre de 62 millions de dollars pour faire passer ce candidat en phase 1 des essais cliniques.
– Et enfin la technologie ARN messager de Moderna, financée par la CEPI. Elle mise sur la rapidité de production aux acides nucléiques.
L’OMS examine également la possibilité d’utiliser les traitements par anticorps monoclonaux, tel le MB134, et des antiviraux en post-exposition pour protéger les cas contacts, parallèlement aux recherches sur le vaccin.
Il faut enfin retenir que l’effort de recherche actuel ne sert pas uniquement à endiguer l’épidémie en cours; il s’inscrit dans la mission internationale des « 100 jours » visant rendre un vaccin disponible en un temps record.
Bien que les scientifiques reconnaissent de manière réaliste que les vaccins en développement ne pourront pas être déployés massivement à temps pour juguler l’urgence immédiate des toutes prochaines semaines, les protocoles de sécurité et d’éthique restent de stricte application. Les estimations les plus optimistes pour un vaccin opérationnel oscillant entre 2 et 9 mois.
En attendant la riposte repose principalement sur les outils classiques : surveillance, traçage des contacts, isolement et posts de dépistages.
Léon Mukanda Lunyama ǰunior