Le processus devant conduire au prochain Dialogue National a franchi une étape décisive ce 13 septembre. Par la signature d’une ordonnance présidentielle, le Chef de l’État a officiellement acté la création du comité d’organisation de ces assises.
Ce texte fondateur ne se contente pas d’acter une intention politique ; il jette les bases opérationnelles d’une rencontre attendue de longue date, en définissant clairement les contours logistiques, financiers, techniques et sécuritaires de l’événement.
Un cadre institutionnel rigoriste
L’ordonnance signée ce jour marque la volonté de l’exécutif de verrouiller le processus en amont. Elle mandate le comité d’organisation pour identifier les besoins nécessaires et proposer au Chef de l’État une série d’options devant aboutir à la création imminente d’une commission préparatoire.
Cette future commission, qui sera placée sous l’autorité directe du Président de la République, sera le véritable moteur de la préparation. Selon les termes du texte, le Chef de l’État se réserve le droit de nommer le coordonnateur de cette structure, son adjoint, ainsi que ses membres. Il dispose également de la prérogative de mettre fin à leurs fonctions. De plus, la composition du secrétariat technique, fort de 11 experts, relèvera de sa seule décision.
Sur le plan opérationnel, la commission recevra ses orientations du Directeur de Cabinet du Président et devra lui rendre compte de l’avancement de ses travaux. Cette architecture institutionnelle témoigne d’une centralisation de la conduite des préparatifs au sommet de l’État, garantissant selon l’exécutif une efficacité et une célérité dans le traitement des dossiers.
Une réaction de l’opposition jugée paradoxale
Si la signature de l’ordonnance a été accueillie comme un pas positif vers la tenue effective du dialogue, elle a néanmoins suscité une levée de boucliers au sein de l’opposition. Cette dernière dénonce une mainmise du Président de la République sur le processus, lui déniant le droit de fixer le cadre et de contrôler les préparatifs. L’argument avancé est celui d’un conflit d’intérêts : le Chef de l’État ne pouvant, selon ses détracteurs, être à la fois « juge et partie ».
Cependant, cette posture soulève des questions quant à la cohérence du discours politique. Il y a quelques semaines encore, c’est auprès de cette même institution présidentielle que l’opposition réclamait avec insistance la convocation de ce dialogue. À l’époque, la demande était pressante et l’annonce de la convocation n’avait pas suscité de rejet catégorique sur le principe.
Le rôle du garant de la réussite
La controverse actuelle pose la question fondamentale du rôle de l’organisateur. Comment comprendre que la fonction de convocateur, essentielle à la tenue de l’événement, soit aujourd’hui perçue comme un obstacle par ceux-là mêmes qui l’ont sollicitée ? En droit et en pratique politique, le pouvoir de convoquer implique nécessairement celui d’en fixer les modalités pratiques.
En confiant l’organisation à une structure sous son autorité directe, le Président de la République entend assumer pleinement son rôle de garant de la réussite de ce dialogue. Loin d’être une exclusion, cette démarche se présente comme une prise de responsabilité visant à sécuriser le processus et à en assurer l’aboutissement.
Le débat reste ouvert sur la méthodologie, mais l’acte du 13 septembre a le mérite de la clarté : le cadre est posé, les responsabilités sont définies. Il appartient désormais aux différents acteurs de saisir cette opportunité pour privilégier le fond sur la forme et contribuer à la réussite d’un dialogue qui, plus qu’une simple rencontre, est une exigence pour la stabilité nationale.
Léon Mukanda Lunyama Junior