Retrait des troupes rwandaises : vivement un mécanisme de surveillance

Les forces de défense rwandaise ont amorcé un retrait de plusieurs positions qu’elles occupaient dans l’Est de la Rdc.

Après une année de présence, les troupes de la RDF se sont désengagées d’une dizaine de localités dans le territoire de Lubero pour se replier vers le sud. Troupes et matériels ont quitté le front Nord de Lubero pour se diriger vers Rutshuru, leur bastion principal.

Sur le territoire de Walikale, des retraits significatifs ont aussi été signalés. Dans le Masisi, ils ont décroché de certains axes où ils doivent se retirer totalement pour faciliter le retour progressif des déplacés internes vers Goma et Sake.

Les accords de paix de juin et de décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali avec la médiation de Washington, ont prévu une feuille de route stricte pour le retrait total des troupes rwandaises du territoire de la Rdc en échange d’une neutralisation des FDLR par Kinshasa.

Face à la duplicité chronique de Kagame dont la parole et les actes sont généralement en total déphasage, les autorités congolaises et de nombreux observateurs lucides restent prudents. Ils redoutent que ces mouvements ne soient qu’un repositionnement tactique vers Rutshuru et Nyirangongo plutôt qu’un retrait définitif du sol congolais, comme l’exige le parrain américain.

Le 26 mars dernier, à la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant americain monsieur Boulos a rappelé avec une extrême fermeté la position des États-Unis sur la crise en Rdc et a exigé un départ sans délai des troupes de la RDF. Il a vertement critiqué les tergiversations de Kigali, identifié comme frein majeur à l’application des fameux accords.

Il a fait le constat regrettable de non-respect des accords en dépit des engagements pleinement souscrits et leurs signatures en juin et décembre 2025 et facilités par les américains le 17 et le 18 mars 2026.

L’escalade de la violence malgré les promesses de désescalade; le recours a des technologies sophistiquées (drones, brouillage Gps,…) qui aggravent le conflit, sont des signes évidents de manque de volonté de respecter sa signature.

Il a, dans son intervention, stigmatisé le double jeu de Kagame et exigé le retrait rwandais au delà des frontières congolaises internationalement reconnues. Aucune solution de paix durable ne serait possible sans le rétablissement de l’autorité de l’Etat congolais sur l’ensemble de son territoire, a-t-il martelé.

Il a relevé la nécessité pour Kigali de cesser immédiatement tout soutien aux rebelles du M23 ainsi que l’impose la résolution 2773 du Conseil de sécurité.

Les analystes de la crise de l’est, préconisent un mécanisme indépendant de contrôle et de vérification sur l’effectif exact des troupes, leurs réelles localisations et un dispositif de surveillance pour documenter toute violation persistante, comme moyen de mettre Kagame au pas. Autrement, il userait toujours de duplicité.

Le fait qu’il se soit soustrait sans justification du processus de Luanda qui prévoyait un tel mécanisme de vérification, indique qu’il n’est pas encore prêt de s’y soumettre.

Le retrait constaté de ses troupes procède à n’en point douter, d’une réaction à une pression américaine asphyxiante que d’une volonté de paix.

Seul un isolement diplomatique croissant du Rwanda pourrait rendre sincère ce retrait, estime-t-on du côté congolais.

La prise en main du processus par le parrain américain est à tout le moins de bonne augure pour une paix totale dans cette parie du pays.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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