Le conflit au Moyen Orient a provoqué de vives tensions sur les marchés mondiaux du pétrole en ce mois de mars.
La surchauffe actuelle insufflée par le blocage iranien du détroit d’Ormuz, génère une volatilité extrême du cours du baril qui est passé 64.5 USD en janvier, à 103 USD au mois de mars. Soit une hausse significative d’environ 65%.
L’onde de choc sur les prix mondiaux frappe déjà l’économie congolaise. Le pays, étant importateur net des produits pétroliers finis dont l’essence et le gasoil, subit frontalement les conséquences de cette instabilité.
C’est pour y faire face que le gouvernement, lors du 83ème conseil des ministres du 20 mars courant, a pris une batterie des mesures et des résolutions.
Devant les signes d’une crise pétrolière de plus en perceptible dans la capitale, notamment les fréquentes queues dans les stations-services, indices sérieux de pénurie, le gouvernement a tenu à rassurer de l’absence d’une « réelle pénurie » et que les tensions observées proviennent des ajustements logistiques et financiers.
Pour stabiliser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, le conseil des ministres a opté pour des ajustements tarifaires rapides exclusivement dans la Zone Sud, le Haut Katanga et le Lualaba, pour refleter les coûts internationaux. Dans cette optique de vérité des prix appliquée aux miniers, le litre de gasoil est passé 1,70 USD à 2,43 USD et celui d’essence de 1.60 USD à 2,08 USD.
Ce qui sonne la fin des subventions pour le secteur minier, sociétés et leurs sous-traitants obligés dès lors de se ravitailler au prix réel du marché. Grand consommateur d’énergie thermique, le secteur minier voit sa rentabilité remise en cause et, à terme, les recettes fiscales de l’Etat négativement impactées.
Il a cependant été décidé du maintien partiel de la subvention domestique pour le carburant destiné à la consommation des ménages et des transports publics afin de prévenir une explosion des prix à la pompe et préserver le pouvoir d’achat du franc.
En ce qui concerne la gestion des stocks stratégiques, le ministère de l’économie de concert avec le nouveau Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers, a assuré que les stocks actuels couvrent les besoins nationaux jusqu’en juin de cette année.
De plus, des engagements ont été pris pour soutenir la logistique pétrolière comme SEP congo, pour résoudre les problèmes de trésorerie qui entravent la distribution vers les stations-services.
Afin de sécuriser les infrastructures, le stockage et le transport des produits pétroliers, le gouvernement vient de mettre en place l’entreprise nationale de gestion des infrastructures pétrolières, un outil stratégique.
Enfin, il envisage des mesures pour reduire sensiblement la dépendance aux circuits d’approvisionnement les plus vulnérables et stabiliser le taux de change appliqué à la structure des prix des produits pétroliers.
Tout serait donc sous contrôle.
Léon Mukanda Lunyama Junior