Le franc congolais a rarement aussi bien tenu. Le dernier point disponible le situe à 2 298,5 pour un dollar le 22 mai, après 2 306 francs à l’indicatif officiel et 2 318 sur le marché parallèle à la mi-avril. Sur un mois, la monnaie nationale s’est appréciée d’environ 1,5 %, et de près de 20 % sur un an — une trajectoire inhabituelle pour un pays historiquement exposé à la dépréciation, soutenue par l’afflux de recettes d’exportation et de financements extérieurs qui ont permis de reconstituer les réserves de change.Le moteur reste minier. Le cuivre tire les exportations : l’expansion du gisement de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba, a porté la production à un rythme d’environ 600 000 tonnes par an fin 2025, et le pays a exporté quelque 3,4 millions de tonnes de métal rouge sur l’année, contre 3,1 millions en 2024. Des prix élevés et des volumes en hausse alimentent directement les recettes en devises et le budget de l’État.Le cobalt, lui, est devenu un instrument de politique économique. Premier producteur mondial avec environ 74 % de l’offre et près de 230 000 tonnes en 2025, la RDC a mis fin à l’embargo de février-octobre 2025 pour lui substituer un système de quotas : un plafond de 96 600 tonnes par an pour 2026 et 2027, dont 9 600 tonnes de « quota stratégique » géré par l’Autorité de régulation, soit environ la moitié des volumes de 2024. Kinshasa a en outre adopté en avril un décret instituant une réserve stratégique des substances minérales. Le pari est assumé : soutenir les cours quitte à comprimer les volumes. Côté conjoncture, la croissance 2026 est attendue à 6,2 %, l’inflation maîtrisée à 2,2 %, mais le rythme devrait se modérer vers 5,1 % en moyenne sur 2026-2028, à mesure que les grands projets miniers arrivent à maturité.
Par Jerry Bossa