Vital Kamerhe clarifie sa position

Vital Kamerhe avait, depuis son éviction du perchoir de l’Assemblée nationale, observé une posture de réserve, s’étant affranchi de tout débat politique sur la constitution.

Dans son communiqué publié le 29 mai 2026,  il sort de cette réserve et aligne officiellement son parti derrière le projet du changement de la constitution porté par l’USN.

Il aligne dans ce communiqué divers arguments qui justifient, à son sens, une modification de la loi fondamentale.

Le premier est celui de la nécessité historique d’y procéder et de l’autodétermination. Le communiqué présente le projet non pas comme un choix partisan, mais comme une nécessité historique incontournable. Le texte de 2006 étant le produit des compromis de l’après-guerre, une période issue de l’accord de Sun City. Il ne correspond plus aux ambitions d’un Etat pleinement souverain et en quête de développement.

D’un point juridique, l’argument semble fondé car la constitution de 2006 porte les stigmates d’une époque de belligerance où elle cherchait avant tout à rassurer les factions rebelles en saucissonnant le pouvoir. Cependant, pour certains opposants, l’argument historique servirait d’habillage rhétorique pour légitimer un glissement ou une réinitialisation du compteur des mandats présidentiels.

Le second argument a trait au choix du timing et à sa sortie de sa réserve politique. En effet, pour le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), sont long silence se justifie par une démarche de « réflexion et de responsabilité politique », affirmant que l’intérêt supérieur de la nation devrait primer sur l’agitation médiatique.

Pour de nombreux observateurs, ce timing est hautement stratégique. En se prononçant fin mai 2026, alors que les débats sur la loi référendaire polarisent l’Assemblée nationale et provoquent le boycott de l’opposition républicaine, Kamerhe clarifie sa position. Et la concomittance n’est pas fortuite. Pendant des mois, des rumeurs  et des tribunes de l’opposition lui prêtaient une réticence sourde face à ce projet. Ce que le communiqué dément aujourd’hui de manière cinglante.

Il sécurise, de ce fait, son ancrage au sein du présidium de l’USN et coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui doutaient de sa loyauté envers la vision du Chef de l’Etat.

Pour les analystes avertis, ce que le communiqué de l’UNC ne dit pas explicitement mais qui transparaît à travers les houleux débats de coulisses en cette première moitié de 2026; notamment les propositions d’un passage au septennat ou de la réorganisation de l’exécutif avec la création d’une vice-présidence; c’est la redéfinition du partage du pouvoir au sein de la future architecture institutionnelle.

En validant le principe d’une nouvelle constitution, Kamerhe positionne l’UNC pour la redistribution des cartes post-2028.

En substance, les arguments de Vital Kamhere sont techniquement défendables sur l’évolution plus que nécessaire des textes juridiques face aux réalités d’un pays en mutation.

Néanmoins, dans l’écosystème politique congolais en butte à une forte crise de confiance et la guerre persistante dans l’Est du pays, cette prise de position est perçue par l’opposition comme le franchissement d’un cap vers le déverrouillage institutionnel, confirmant que la bataille pour le changement de la constitution est désormais pleinement engagée.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

 

 

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