La marche du 15 septembre de l’opposition n’a pas tenu ses promesses. Dans une mégalopole de près de 20 millions d’âmes, la coalition Fayulu-Kabund-Sessanga n’a pas réussi à mobiliser au-delà de 5 000 personnes. Un échec cuisant qui en dit long sur l’état réel de l’opposition congolaise.
C’est une journée de rentrée parlementaire qui restera dans les annales. Non pas pour l’ampleur de la mobilisation, mais pour son absence. La marche du 15 septembre, annoncée à grands renforts de communiqués tonitruants et de passages répétés sur les chaînes périphériques et les réseaux sociaux, devait être celle de la déferlante. Elle fut celle du désaveu.
Les observateurs objectifs sont unanimes sur ce fait. La C64, cette plateforme regroupant les Fayulu, Kabund et Sessanga, avait promis une marée humaine inédite. Objectif affiché : dénoncer le projet référendaire en vue de la révision constitutionnelle et la mainmise du Président Félix Tshisekedi sur le processus de dialogue national. Mais dans les artères de Kinshasa, rien de consistant. Aucune psychose, aucun frémissement populaire, aucun de ces signes avant-coureurs qui jadis annonçaient, du temps de Mobutu et Kabila, les grandes colères populaires.
Le constat est sans appel : la faiblesse mobilisation observée ce jour, est le signe que le discours de la C64 n’émeut plus le peuple. D’où beaucoup de peine à réunir 5 000 manifestants dans une ville qui en compte près de 20 millions. Un échec retentissant.
Le peuple n’est plus dupe
La leçon que tirent les analystes est limpide : le peuple congolais a mûri. Il ne se laisse plus entraîner dans les aventures politiciennes. Il ne veut plus servir de marchepied aux ambitions de politiciens véreux qui, aux yeux de nombreux observateurs, ne se battent que pour leur ventre.
La preuve ? Le rejet catégorique par ces mêmes acteurs du dialogue national dans son format élargi au peuple — le premier concerné — tel que préconisé par le Chef de l’État. Pour eux, le peuple n’a rien à y voir. Ces assises doivent demeurer une affaire de politiciens, avec pour seule finalité leur intégration dans les institutions.
Le prétendu prétexte d’un retour à la paix n’apparaît, aux yeux de nombreux observateurs, que comme un paravent. Car aucun de ces acteurs, principalement ceux que d’aucuns qualifient de rebelles complices de Kagame, ne peut garantir que ce dernier retirera automatiquement ses troupes de la RDC avec la tenue d’un dialogue, fût-il inclusif selon leur entendement.
Le discrédit d’une coalition
La C64 n’a plus de force de mobilisation. Aux yeux du peuple, elle apparaît désormais comme le relayeur du discours des agresseurs et de leurs sbires de Afc/M23, coupables du sang congolais versé gratuitement dans l’Est du pays.
Une chose certitude émerge à coup sûr : la marche du 15 septembre restera comme le symbole d’une grande désillusion. Celle d’une opposition qui croyait encore pouvoir descendre dans la rue pour contester avec l’appui massif du peuple, sans comprendre que celui-ci, a déjà tourné la page.
La Rédaction