La scène politique de la République Démocratique du Congo (RDC) traverse une séquence charnière, mise en lumière par le contraste saisissant entre la mobilisation populaire de l’Union Sacrée de la Nation et les difficultés persistantes de l’opposition regroupée au sein de la Coalition « Article 64 » (C64). Incapable de fédérer les masses autour de ses mots d’ordre, cette frange de l’opposition semble payer le prix fort d’une stratégie politique déconnectée des aspirations profondes de la population.
Le rejet du dialogue élitiste : un anachronisme politique
L’un des écueils majeurs de la C64 réside dans sa conception surannée du pouvoir et de la négociation politique. En réclamant un dialogue national restreint aux seuls cercles politiciens, la plateforme espère renouer avec les vieux réflexes de partage des sphères décisionnelles, perçu à tort comme un passage obligé ou un « ordre normal des choses ».
Cependant, le président Félix Tshisekedi a pris à contre-pied ces ambitions hégémoniques en déplaçant le centre de gravité de la décision politique vers le peuple lui-même. En optant pour des consultations et un format inclusif ancré dans la base, le chef de l’État a court-circuité les calculs d’appareils. Dès lors, le dialogue tel que le conçoit la C64 – un simple marché de dupes pour s’octroyer des postes – a perdu tout intérêt aux yeux d’une opinion publique lucide.
Déficit de confiance et perception d’ambiguïté sécuritaire
Au-delà de la méthode, c’est la ligne politique et idéologique de la C64 qui se heurte à un mur d’incompréhension populaire. Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, une large majorité de Congolais lit à travers le jeu de l’opposition une forme de compromission, voire un soutien tacite aux forces agresseurs et aux dynamiques rebelles sous couvert d’une instrumentalisation juridique de l’article 64 de la Constitution.
Le peuple, qui subit les affres de la guerre dans l’Est, sanctionne sévèrement cette posture. Les campagnes médiatiques, les offensives numériques et les diatribes audiovisuelles orchestrées depuis l’extérieur ou par les réseaux d’opposition se brisent sur un mur de scepticisme populaire : les citoyens ont appris à distinguer ceux qui défendent l’intégrité du territoire de ceux qui instrumentalisent les crises à des fins purement politiciennes.
La démonstration de force du 22 sseptembre ou la réponse musclée de l’USN
La récente démonstration de force de l’Union Sacrée de la Nation, illustrée par la mobilisation d’envergure de ce 22 septembre, constitue un désaveu cinglant pour la C64. L’enthousiasme et l’affluence massive des Kinois dans la rue pour soutenir les institutions et le format présidentiel du dialogue national envoient un signal sans équivoque.
Cette marée humaine prouve de manière irréfutable que le peuple s’est affranchi des influences virtuelles et des mots d’ordre d’un leadership en perte de vitesse. En plébiscitant la vision présidentielle, la population a réaffirmé sa souveraineté, reléguant les stratégies de la C64 au rang de simple agitation stérile, incapable de rivaliser avec la légitimité des urnes et de la rue.
La faillite de la mobilisation de la C64 démontre qu’en RDC, la politique politicienne et les arrangements au sommet ne font plus recette. Le citoyen congolais exige désormais la redevabilité, l’inclusion réelle et la défense ferme de la souveraineté nationale face aux agressions extérieures.
Léon Mukanda Lunyama Junior