La traque ouverte des cellules et fonds parallèles au sein de l’administration

Le gonflement disproportionné de la masse salariale au sein de l’administration avait été retenu comme l’une des causes essentielles de l’érosion du déficit budgétaire, par des dernières mission d’evaluation du FMI, à côté du train vie débridée de l’Etat.

Le président Tshisekedi dans le souci de rationnaliser les dépenses publiques, s’insurge contre la multiplication des structures parallèles, cellules, commissions ou fonds au sein des ministères et administrations publiques, à la base de nombreux problèmes structurels et financiers pour le pays. Cette prolifération des structures plus budgetivores qu’utiles , est à la base du phénomène des doublons administratifs, créant de fait des conflits de compétences.

Une commission créée pour gérer un projet qui relève en principe d’une direction générale déjà existante au sein du même ministère, cela entraîne une paralysie de l’administration et une dilution des responsabilités où l’on ne sait plus qui doit rendre compte.

Ces structures grèvent en plus énormément le budget de l’Etat car elles fonctionnent de manière autonome avec des budgets propres, des jetons de présence et des primes spéciales pour leurs membres.

La pression ainsi exercée sur le Trésor devient insoutenable car elles captent des ressources qui devraient normalement alimenter le budget général de l’Etat ou etre allouées au service publics de base.

Les fonds de dotation et les commissions échappent parfois aux mécanismes de contrôle rigoureux de la chaine de la dépense publique.

Ces structures sont enfin sources de démotivation pour l’administration classique car elle la vide de sa subsistance. Les fonctionnaires de carrière sont souvent délaissés au profit des « consultants » ou des membres des cabinets politiques nommés en leur sein.

L’ IGF les identifie, d’ailleurs, dans sa mission de.patrouille financière, comme de « zones à haut risque de corruption ».

L’ancien ministre des finances Nicolas Kazadi avait dénoncé en son temps la creation des 53 établissements publics non budgétisés sous le premier mandat du président Tshisekedi, qui avait entraîné des recrutements excessifs et une dilapidation des ressources publiques. Avec un impact nefaste sur la masse salariale et donc sur l’appareil étatique.

Face à cette « inflation administrative », le président a exprimé ses vives inquiétudes et a ordonné une évaluation stricte et exhaustive de toutes les structures parallèles existantes.

Désormais toute nouvelle création devrait être validée par la cheffe du gouvernement, Mme Suminwa Tuluka qui en evaluera la nécessité, la pertinence et l’impact budgétaire, avant l’arbitrage du cabinet présidentiel.

Cette directive a pour objectif de supprimer les fuites de ressources budgétaires en supprimant les entités doublons ou à faible valeur ajoutée sociale dans l’administration en général.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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