La catastrophe dramatique au site minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord Kivu, ce samedi 07 mars, fait suite à une succession d’éboulements massifs dans la région en ce début d’année.
Le glissement de terrain de samedi dernier, a enseveli plusieurs puits de la mine artisanale de Gasasa, située à 5 km de Rubaya. Une tragédie dont le bilan provisoire avancé par le gouvernement congolais s’élève à plus de 200 morts dont au moins 70 enfants mineurs.
Certaines sources proches de la société civile estiment le nombre des victimes à 300, n’étant pas à même de donner un bilan précis, de nombreux corps demeurant coincés jusque là sous les décombres.
Plusieurs facteurs tant naturels qu’humains seraient à la base de cette tragédie. Notamment les conditions météorologiques extrêmes caractérisées par des pluies diluviennes, qui ont saturé les sols provoquant l’instabilité des collines et l’effondrement des galeries.
Il faut retenir aussi l’absence d’encadrement technique par des services étatiques appropriés tels le SAEME, la zone étant sous contrôle rebelle.
Par ailleurs, l’anarchie totale dans laquelle se fait l’exploitation sans structures de soutènement dans ces puits, explique ce bilan déplorable.
De plus, la pression économique exercée par les rebelles de l’Afc/M23 qui privilégient l’extraction anarchique pour maximiser leur rente de guerre au détriment des règles de sécurité des exploitants artisanaux, en est une autre cause.
Enfin les creusements intensifs dur plusieurs niveaux fragilisent les structures montagneuses.
Dans ces conditions, les conséquences tant humanitaires, environnementales que sécuritaires ne peuvent être que catastrophiques.
La société civile du Nord Kivu, face à ce drame humain récurrent, réclame désormais la fermeture pure et simple du site minier, en dénonçant des « minerais de sang » produits dans des conditions de travail proches de l’esclavage moderne.
Cette exploitation intensive non réglementée a un coût environnemental très élevé, car elle provoque des érosions accélérées des sols, la pollution des cours d’eau par les boues de lavage et des dommages irreversibles à l’écosystème local.
Sur le plan sécuritaire enfin, cette mine reste la vraie pomme de discorde, car elle représente près de 30% du coltan mondial dont les revenus financent principalement l’effort de guerre de la rébellion. Situation que le pouvoir central veut à tout prix inversée, afin de lui couper les vivres.
En définitive, ce drame ravive de plus belle les tensions entre les États-Unis Unis et certaines puissances d’une part et le Rwanda et ses supplétifs du M23 de l’autre, l’exigence étant faite à ces derniers de se retirer des territoires de l’Est du Congo pour permettre une gestion traçable et sécurisée des mines.
Léon Mukanda Lunyama Junior