Dialogue inter-rwandais, CENCO et nouvelle Constitution : la CEC propose une triple voie pour sortir la RDC de la crise

Une initiative politique atypique vient relancer le débat sur les mécanismes de stabilisation dans la région des Grands Lacs. Dans une déclaration rendue publique, la Convergence pour l’Émergence du Congo (CEC) appelle simultanément à un dialogue national inter-rwandais, à un apaisement des tensions entre l’épiscopat catholique et le pouvoir congolais, ainsi qu’à la convocation d’une Conférence nationale inclusive en RDC devant déboucher sur une nouvelle Constitution. Pour cette plateforme, la crise congolaise ne peut être dissociée des dynamiques régionales, notamment de la situation politique interne au Rwanda. Elle estime qu’une réconciliation inclusive entre Rwandais contribuerait à la stabilité durable de l’Est de la RDC et de l’ensemble des Grands Lacs. En parallèle, la CEC rejette l’option d’un dialogue sous l’égide de la CENCO et plaide pour un cadre souverain réunissant les forces vives de la nation afin d’examiner les causes profondes des blocages sécuritaires du pays.

La Convergence pour l’Émergence du Congo (CEC) a proposé une approche globale pour faire face aux crises politiques et sécuritaires dans la région des Grands Lacs, articulée autour d’un dialogue inter-rwandais, d’une recomposition du dialogue interne en RDC et de la convocation d’une Conférence nationale inclusive.

Dans son message, la plateforme estime que la stabilité régionale passe d’abord par une réconciliation au Rwanda. Elle appelle Kigali à engager «d’urgence un dialogue national inclusif et transparent orienté vers la réconciliation nationale et le renforcement de la cohésion interne », fondé notamment sur le pluralisme politique et des garanties institutionnelles solides.

Selon la CEC, un tel processus contribuerait à « ouvrir la voie à un véritable État de droit » et à stabiliser durablement la région des Grands Lacs.

Appel à l’apaisement au sein de l’Église catholique congolaise

La déclaration évoque également la situation interne à l’Église catholique en RDC. La CEC estime urgent que les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) privilégient un dialogue interne avec les prêtres afin de restaurer l’unité et la confiance au sein de l’institution religieuse.

Elle appelle à la réactivation des cadres pastoraux permanents de concertation, considérés comme un espace d’échanges « authentiques » au service de la concorde.

Rejet d’un dialogue politique sous l’égide de la CENCO

Sur le plan politique national, la CEC affirme qu’elle ne soutient pas l’organisation d’un dialogue sous l’égide de la CENCO. « Il n’y aura jamais de dialogue à la CENCO », indique le texte, plaidant plutôt pour une Conférence nationale inclusive réunissant les forces vives de la nation.

Cette conférence, selon ses promoteurs, devrait analyser sans complaisance les causes profondes des crises qui minent la RDC et mettre en place des commissions spécialisées chargées d’identifier les responsabilités et de proposer des solutions.

Vers une nouvelle Constitution

Au cœur de cette proposition figure l’élaboration d’une nouvelle Constitution conforme aux aspirations du peuple congolais. La CEC estime qu’un tel processus permettrait de refonder l’État et de corriger les dysfonctionnements institutionnels accumulés au fil des années.

Cette prise de position intervient dans un contexte de débats récurrents sur la gouvernance et la cohésion nationale, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires persistants dans l’Est et à des tensions politiques internes.

Infos27

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