L’urgence est réelle. En mobilisant le gouvernement pour sauver la gratuité des accouchements, Félix Tshisekedi a placé la vie au sommet de l’agenda national. Cette décision n’est pas un geste technique. C’est un choix politique clair. Dans un pays où trop de femmes continuent de mourir en donnant la vie, préserver la prise en charge gratuite des mères et des nouveau-nés relève de la responsabilité la plus élémentaire de l’État.
Depuis son lancement en 2023, le programme a changé des destins. Des millions d’accouchements sécurisés. Des milliers de vies sauvées. Des familles soulagées d’un fardeau financier insupportable. La réforme a prouvé qu’une volonté politique ferme peut produire des résultats rapides, même dans un système de santé fragile. Elle a aussi restauré une confiance longtemps érodée entre l’État et ses citoyens.
Aujourd’hui, le risque est financier. Les tensions budgétaires menacent la continuité du dispositif. Le président a eu raison d’anticiper. Car abandonner cette politique reviendrait à renvoyer les plus pauvres vers l’insécurité sanitaire et l’endettement. Une réforme sociale ne vaut que si elle dure. La souveraineté ne se limite pas à la défense du territoire. Elle s’exprime aussi dans la capacité à protéger la vie.
La RDC montre ici une ambition légitime. Investir dans la santé maternelle, c’est investir dans l’avenir. Une naissance sécurisée réduit la pauvreté, renforce la cohésion sociale et soutient la croissance. Aucun pays ne se développe durablement en laissant ses mères mourir faute de soins. En assumant cette priorité, Kinshasa envoie un signal fort : le développement commence par l’humain.
Les défis restent considérables. Hôpitaux sous-équipés. Personnel insuffisant. Accès difficile en zones rurales. Mais la direction est juste. La mobilisation actuelle doit se traduire par des mécanismes de financement stables, une meilleure gestion des ressources et un engagement partagé des provinces. Les partenaires internationaux ont aussi un rôle à jouer, non dans l’urgence ponctuelle, mais dans l’accompagnement durable.
Au fond, la gratuité des accouchements incarne une vision de l’État. Un État qui protège avant d’exiger. Un État qui place la dignité au cœur de son action. Renoncer serait un aveu d’impuissance. Consolider ce programme serait un acte de souveraineté sociale.
Une nation se juge à la manière dont elle accueille ses enfants. En choisissant de sauver la gratuité des accouchements, la RDC choisit de défendre son avenir. Reste maintenant à transformer cette volonté politique en réalité durable. La vie ne peut attendre.
La Rédaction / Infros27