Les caisses de l’État congolais se portent mieux que prévu. Entre janvier et avril, les régies financières ont mobilisé 10 430,2 milliards de francs, soit près de 4,5 milliards de dollars, en dépassant toutes leurs cibles : la Direction générale des impôts, la Direction générale des douanes et accises et la Direction générale des recettes administratives ont chacune fait mieux que leurs objectifs. La DGI a notamment franchi ses prévisions d’avril, qu’elle attribue à ses réformes. Le budget 2026 table, pour mémoire, sur 20 295,4 milliards de francs de recettes fiscales, dont 47,3 % au titre des impôts sur les bénéfices et profits et 28,7 % via la taxe sur la valeur ajoutée.Ces performances s’inscrivent dans une réforme fiscale d’ampleur, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier. Le chantier vise à simplifier le système par la fusion de plusieurs impôts, à le numériser — généralisation de la télédéclaration et du télépaiement, facture normalisée, dispositifs électroniques fiscaux, attribution en ligne du numéro d’impôt — et à interconnecter les trois régies pour partager les données et resserrer le filet du recouvrement. Le pilotage est assuré dans le cadre du Comité d’orientation de la réforme des finances publiques.La politique monétaire accompagne ce mouvement. Les 9 et 10 avril, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a abaissé son taux directeur de 15 % à 13,5 %, maintenu le taux réel à 11,3 % et ramené la facilité de prêt marginal de 19 % à 17,5 %, invoquant le reflux de l’inflation et la résilience de l’activité ; il a aussi instauré l’exclusivité de l’importation physique des billets en devises. Une ombre demeure néanmoins au tableau : la RDC figure, en ce début 2026, parmi les dix pays africains les plus endettés vis-à-vis du FMI, un point de vigilance à mesure que les décaissements s’accumulent.
Par Jerry Bosa