L’administration américaine vient officiellemen, en ce jour du 30 avril 2026, de sanctionner Joseph Kabila, l’ancien président de la Rdc.
Il s’agit des sanctions économiques imposées par le Trésor américain par le biais de l’Office of Foreign Assets Control, son agence chargée d’exécution des sanctions économiques, pour son rôle dans l’instabilité sécuritaire à l’Est de la Rdc. Il lui est reproché son soutien actif à la rébellion Afc/M23 et d’avoir inciter aux défections au sein des FARDC au profit des groupes des insurgés. Et également, le fait d’avoir séjourner à Goma sous la protection du M23 et de la RDF.
Il est désormais officiellement répertorié sur la « liste noire » de personnalités sanctionnées. Ses avoirs sont gelés et ses biens et intérêts sont bloqués sur l’étendue du territoire américain. Il est dorénavant de stricte interdiction pour les citoyens et les entreprises américains d’effectuer des transactions financières ou commerciales avec lui.
Reconnu comme l’un des principaux financiers du mouvement rebelle, ces sanctions visent à restreindre sa capacité financière à l’échelle mondiale. En effet, la plupart des institutions financières internationales évitent de traiter avec des personnalités sous sanction de l’OFAC.
Sur le plan interne, ces sanctions viennent entériner les accusations formulées par Kinshasa sur la complicité avérée de l’ancien président avec le M23. Ce qui lui avait valu une condamnation à mort devant la Cour militaire en septembre dernier.
Une victoire diplomatique supplémentaire pour Kinshasa
Joseph Kabila sort diplomatiquement isolé et affaibli de cette épreuve. Car ces sanctions valident la thèse depuis toujours soutenue par Kinshasa du lien ombilical le liant à la coalition rebelle Afc/M23. Le gel de ses avoirs et les restrictions financières decretées par Washington alterent sa posture, à défaut de mettre fin à sa stature d’ancien chef d’Etat, eventuel partenaire.
Il perd de ce fait son statut de « sénateur à vie » fréquentable par les chancellerries occidentales..
Ainsi marginalisé, il se voit denier tout rôle d’interlocuteur officiel pour la communauté internationale.
Ses réseaux financiers sont soumis à rude épreuve, les sanctions américaines ayant toujours un effet d’entraînement. Les institutions financières internationales par crainte d’être à leur tour sanctionnées, vont couper tout lien avec ses intérêts, limitant ses capacités de financement à l’etranger.
Il y a de sérieuses chances que d’autres partenaires telle l’Union Européenne, emboitent le pas par effet domino et finissent par l’isoler dans une bulle politique restreinte, principalement lié à ses alliés régionaux.
Pour Kinshasa, les sanctions des Usa confirment ses theses, maintes fois répétées, sur le jeu dangereux auquel se livre Joseph Kabila depuis l’eclatement de la coalition Fcc/Cach. Elles ont un effet catalyseur certain sur le plan judiciaire. Déjà condamné par contumace, il doit faire face à une legitimation des poursuites contre lui.
L’appui américain peut alors servir de perche à la justice militaire pour durcir les procédures de saisie de ses biens sur le territoire national comme le réclament plusieurs voix du microcosme judiciaire.
Politiquement parlant, il est affaibli. La coalition « sauvons le Congo » n’ayant plus comme objectif que de sauver la peau de son initiateur.
Pour le Fcc, le fardeau est lourd à porter et complique toute stratégie de reconquête du pouvoir. L’étiquette de soutien à la rébellion ne s’accomodant que très difficilement au processus électoral légal.
Cet étau qui se resserre autour de Joseph Kabila, aura certainement un effet neutralisant et réducteur sur sa marge de manoeuvre pour influencer la politique à Kinshasa. A la fin, il n’aura plus que le choix
d’une confrontation directe en prenant la tête de la rébellion ou d’un sage effacement progressif de la scène politique.
En attendant, il passe pour Washington, de son statut d’opposant institutionnel à celui de « paria » international. Dos au mur, son avenir et son salut restent intimement attaché au sort militaire de l’Afc/M23, car ses ponts avec les canaux diplomatiques classiques sont désormais rompus.
Léon Mukanda Lunyama Junior