Transformation des minerais sur place : Inauguration de première raffinerie pilote d’or ce 11 mars à Kalemie 

 

  • C’est en présence de nombeux officiels dont le ministre des mines Louis Watum Kabamba le ministre d’Etat au plan, Guylain Nyembo ainsi que la ministre du portefeuille, Julie Shiku, et d’autorités provinciales qu’a eu lieu ce 11 mars 2026, l’inauguration de la raffinerie pilote d’or dénommée DRC Gold Refinery S.A. à Kalemie chef lieu de province de Tanganyika.

La raffinerie est le fruit d’un partenariat de l’entreprise publique DRC Gold Trading SA et Lunga Mining.

L’entreprise nourrit de très fortes ambitions. Elle traite l’or de l’achat brut au stade de raffinage en lingots de pureté 99,9%, avec un objectif initial de 50 kg d’or par mois, jusqu’à atteindre rapidement 500 à 600 par mois, une fois la production optimisée.

Le ministre des mines, Louis Watum a, dans son discours de circonstance, invité les acteurs du secteur aurifère qui oeuvrent dans l’informel, d’intégrer le circuit officiel.

Il a, par ailleurs, affirmé que le modèle de cette raffinerie s’aligne parfaitement sur la vision du Président Félix Tshisekedi d’industrialisation du secteur minier pour transformer sur place les minerais congolais, annoncée au Forum Investir en Afrique et à Kolwezi en 2023, afin de créer de la valeur ajoutée et financer le développement national, au lieu d’exporter du brut. En droite ligne des réformes pour l’énergie et la certification minière souhaitée par Fatshi.

L’objectif primordial avoué est de raffiner l’or artisanal local pour lutter contre la fraude et la contrebande, permettant à la Rdc d’exporter l’or transformé incorporant de la valeur ajoutée au lieu du brut et générer des revenus plus substantiels via des prix justes et équitables pour les minieurs informels.

La raffinerie embauchera 50 à 100 personnes qualifiées en emplois directs pour les opérations de raffinage, de maintenance et de contrôle de qualité. Ce sont des techniciens, des ingénieurs et des opérateurs formés localement. De centaines d’emplois indirects seront créés dans la chaîne d’approvisionnement, comme l’achat d’or auprès des mineurs artisanaux (des milliers dans la région) et la logistique d’exportation.

Face à la concurrence des acteurs ougandais et burundais dans la région des grands lacs, la raffinerie de Kalemie renforce la souveraineté nationale.

En effet, l’Ouganda raffine massivement l’or congolais à la raffinerie d’Entebbe, l’African Gold Refinery (AGR) dont la capacité est de 120 tonnes d’or par an. Le Rwanda et le Burundi exportent de l’or transformé, issu de la contrebande congolaise.

Pour les contrer, la DRC Gold Refinery cible d’abord le marché local artisanal et ensuite vise à capter les 15-18 tonnes d’or annuelles de DRC Gold Trading pour concurrencer ses voisins.

Ce partenariat public-privé offre à la Rdc un avantage comparatif certain car il assure une tracabilitéet des équitables aux mineurs contre la fraude qui alimente 90% des exportations actuelles. Il permet également à la Rdc d’exporter de l’or raffiné 99,9% au lieu du brut, générant plus de valeur que les raffineries étrangères qui profitent des minerais non transformés localement.

L’autre atout de la raffinerie DRC Gold Refinery est sa localisation à Kalemie qui lui fournit des avantages stratégiques majeurs pour optimiser la chaîne d’approvisionnement aurifère dans le pays.

De plus la proximité de l’installation des zones minières, est un facteur ́non négligeable. Car le chef lieu de Tanganyika se trouve au centre d’une region riche en or artisanal, avantage essentiel pour l’achat direct auprès des milliers de mineurs locaux et minimisant ainsi les coûts et les risques de transport vers d’autres provinces.

Riveraine du lac Tanganyika, la ville bénéficie d’un accès lacustre et routier vers l’Est, Ituri et Kivus. Son port permet des exportations rapides vers l’Afrique de l’Est, reduisant les pertes par fraude ou vol en transit. Cette implantation  a enfin un fort impact économique local comme souligné plus haut par la tracabilité qu’elle favorise et la création emplois intégrant les acteurs informels tout en testant un modèle scalable vers d’autres sites aurifères.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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