La situation d’enclavement de la province de Lomami s’est invitée au sommet de l’État. Reçus à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les députés nationaux originaires de cette province ont dressé un constat alarmant d’isolement territorial, d’absence d’infrastructures routières et de marginalisation héritée du démembrement administratif. Routes impraticables, territoires difficilement accessibles, chef-lieu relié par bac : les élus décrivent une province freinée dans son développement et privée d’accès fluide aux services essentiels. Face à ces doléances, la cheffe du gouvernement s’est montrée attentive, selon la délégation, dans un contexte où l’exécutif affirme vouloir réduire les disparités entre provinces. Cette rencontre met en lumière les défis persistants de la décentralisation en République démocratique du Congo et la pression croissante exercée sur le gouvernement pour traduire en actes les promesses d’amélioration des conditions de vie dans les entités issues du découpage territorial.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a accordé, jeudi 19 février, une audience au caucus des députés nationaux de la province de Lomami, venus plaider pour un accompagnement urgent du gouvernement central face à l’enclavement persistant de leur entité.
Conduite par son président, Augustin Mulumba Kanza, la délégation a présenté un tableau préoccupant d’une province confrontée à de graves déficits d’infrastructures depuis sa création à la suite du démembrement territorial. « Nous sommes une province totalement enclavée. Il fallait aujourd’hui rencontrer la Première ministre pour lui faire part de nos problèmes », a déclaré l’élu à l’issue de la rencontre.
Selon les députés, la Lomami compte cinq territoires difficilement accessibles, ne dispose d’aucune route asphaltée et reste marquée par la présence de ravins et d’axes routiers dégradés. Le chef-lieu provincial lui-même ne serait accessible qu’après une traversée par bac, une situation qui entrave la circulation des personnes et des marchandises, limite l’accès aux services sociaux de base et freine l’activité économique.
Les élus ont également évoqué les conséquences du démembrement des anciennes provinces, estimant que la plupart des infrastructures et des patrimoines publics sont restés dans le Kasaï Oriental. « Tous les patrimoines sont restés dans la province du Kasaï Oriental. Nous sommes venus rappeler à la Première ministre la quintessence de soutenir notre province », a insisté Augustin Mulumba Kanza.
Face à ces difficultés, le caucus a sollicité un appui structurant de l’Exécutif national, notamment pour la construction et la réhabilitation des routes prioritaires ainsi que pour le renforcement des capacités administratives locales.
D’après la délégation, la cheffe du gouvernement a réservé une « oreille très attentive » aux préoccupations soulevées et aurait exprimé sa volonté d’accompagner la province dans ses efforts de désenclavement. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à réduire les disparités entre provinces et à améliorer l’accès aux services de base, un axe central du programme d’actions de l’exécutif.
La rencontre illustre également la volonté affichée de maintenir un dialogue direct avec les représentants des provinces issues du démembrement, dont plusieurs continuent de réclamer des investissements structurants pour concrétiser les promesses de la décentralisation en République démocratique du Congo.
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