L’Iran par contre s’inscrit dans une stratégie de survie ponctuée par l’escalade coûte que coûte du conflit, en impliquant le maximum des pays alentours en coopération militaire avec les américains et entraîner tout le Moyen Orient dans chaos.
Jusque-là, l’Iran y opérait à travers ses proxys, notamment les Hezbollahs au Liban, les Houtis au Yémen et les milices en Irak. Bien loin de ses frontières.
L’opération militaire coordonnée israélo-americainne de juin 2025 et de fevrier 2026 l’a forcé à sortir de son ombre, en ripostant énergiquement. Sa stratégie consistant à frapper outre les agresseurs, leurs alliés régionaux en ciblant les infrastructures civiles et militaires et en bloquant de fait le détroit d’Ormuz. Tout navire qui s’y hasarderait est une potentielle cible pour la marine iranienne. L’objectif ici est d’élargir le champ de la crise sécuritaire à la crise économique mondiale. Grâce aux perturbations ainsi créées dans la chaîne d’approvisionnement mondial en produits pétroliers. Provoquer la surchauffe des marchés mondiaux du brut et du GNLet à la clé la hausse des coûts de transports et logistiques générés par des routes maritimes plus longues. Par ricochet des frais de fret et d’assurance prohibitifs, répercutés sur les prix mondiaux.
L’Iran table donc sur les chances que lui « offre » cette agression pour consolider le front intérieur passablement fissuré par sa répression sanglantes des manifestations de contestation interne de debut d’année. Ensuite sur le fait d’ impliquer le maximum des pays du Moyen-Orient en leur infligeant un coût politique et humain à même d’y éveiller un sentiment général anti-américain au sein des populations.
Enfin, conscient d’une issue du conflit défavorable faute de victoire militaire conventionnelle, il mise sur un chaos général qui obligerait Israël et les États-Unis à suspendre les opérations et à négocier un cessez-le-feu. Et sortir ainsi du conflit en ayant préserver toutes ses capacités technologiques et nucléaires.
Bien au delà du baroud d’honneur, l’Iran joue au quitte ou double. Face à la supériorité technologique et militaire des adversaires, il mise sur sa capacité à troubler les flux énergétique du monde. L’internationalisation valant sa survie, pense-t-il. Au risque de s’aliéner tous les pays du golfe.
L’avenir proche témoignera si le régime des mollahs peut survivre à sa propre mutation géopolitique.
Léon Mukanda Lunyama junior