La récente sortie médiatique de Joseph Kabila, lors d’une interview accordée au journal belge La Libre Belgique, continue susciter des commentaires en divers sens.
Le « Rais » n’y est pas allé sur le dos de la cuillère dans ses critiques virulentes contre le pouvoir de Kinshasa.
Selon ses propos, la responsabilité du régime dans crise de l’Est peut être apprehendée sous trois dimensions : constitutionnelle, sécuritaire et stratégique.
Mais de l’avis de nombreux analystes, il a fait consciemment preuve de beaucoup de perte de mémoire.
Il accuse le pouvoir d’ignorer expressément la constitution depuis 2019, plongeant ainsi le pays dans une crise constitutionnelle. Autrement interprété, le changement de majorité parlementaire, issue de la fin de la coalition Fcc/Cach et de la naissance de l’Union Sacrée de la Nation (USN), en pleine législature, constitue pour lui, le facteur déclencheur de la crise constitutionnelle.
Il peine jusqu’aujourd’hui à réaliser la perte du pouvoir qu’il exercait par procuration, les Fcc de triste mémoire, étant alors majoritaire au parlement et au gouvernement. Et Fatshi réduit à un rôle d’inauguration des chrysanthèmes.
Il s’oppose avec véhémence à toute révision constitutionnelle, le problème majeur étant, dit-il, lié à « la gestion du clan au pouvoir ». Curieux narratif, entendu comme une rengaine dans la bouche de certains politiques en vue dans la capitale.
Il se positionne comme le « garant de l’ordre constitutionnel » contre la « dérive dictatoriale ».
L’on se retrouve, selon un cadre de l’USN, devant une manifestation possible du syndrome d’hubris, trouble acquis lié à l’exercice prolongé du pouvoir. Il serait victime d’une obsession chronique de retour au pouvoir. Même s’il faut s’allier au diable pour y arriver.
Le procès sur la constitution est teinté d’hypocrisie, selon l’USN où l’on rappelle qu’il avait tenté de modifier la loi fondamentale par défi en 2015 provoquant des émeutes populaires qu’il avait, à travers sa soldasteque, sauvagement réprimées dans le sang. La défense affichée de la même constitution relève d’une posture on ne peut plus hypocrite.
En evoquant l’article 64, il lance un appel à l’insurrection populaire et une incitation à la rébellion, constate-t-on toujours du côté de l’USN. Il aggrverait ainsi son cas, étant un repris de justice.
Sur l’axe sécuritaire, il s’insurge contre la stratégie gouvernemental du tout militaire. Il condamne l’offensive généralisée des Fardc- Wazalendo sur tous les fronts, brandissant le spectre d’une soudanisation du pays.
Comme remède, il conseille le dialogue congolais au plus vite, seule voie pour ramener la paix.
Mais personne n’est dupe, dit-on à l’USN. Ce serait pour lui le myen de conjurer sa condamnation à mort pour haute trahison, par la haute cour militaire. Ses connivences avec le M23 dans la sphère d’influence du Rwanda, parrain historique du mouvement rebelle, sont désormais étalées au grand jour, attestant de la haute trahison dont il est a juste titre accusé. Sa présence à Goma où il bénéficierait d’une garde rapprochée fournie par les FPR, en est une preuve suffisante.
L’on releve toujours à l’USN, un paradoxe des plus intrigants de Joseph Kabila qui a lutté contre le M23 et le fait qu’il utilise le même groupe rebelle, pour reconquérir un pouvoir qui lui « revient de droit divin ». En s’affichant ainsi avec une rébellion, responsable avec son parrain rwandais du genocide congolais, il s’aliene une partie importante de l’opinion nationale. Encore qu’il ne s’est jamais ému des massacres des congolais perpetrés par ses sbires.
Au plan stratégique enfin, la négociation serait l’alternative crédible de sortie de crise. On lui rappeĺle les pourparlers avec le Rwanda sont engagés à cette fin.
Il se repositionne en jouant au temps et convaincu d’être un « recours possible » face à l’usure supposée du pouvoir de Kinshasa.
L’USN, note simplement en subsistance que cette énième retour médiatique procede d’une strategie de victimisation pensant échapper à la justice et prendre ses rêves de retour à la magitrature suprême pour la réalité
Umoja