Crise pétrolière : anticiper les risque pour  protéger l’économie nationale

 

Le conflit armé du moyen orient opposant Israël et les États-Unis contre la république d’Iran, au-delà de l’escalade des frappes mutuelles de plus en plus intense, perturbe l’offre mondiale des produits pétroliers, par le nouveau choc qu’il provoque. 

Le pétrole est devenu, en effet, l’enjeu majeur du conflit, les infrastructures pétrolieres étant ciblées. De plus le blocage de fait du détroit d’Ormuz par l’Iran, menaçant de frapper tout pétrolier qui refuse d’obtempérer, exacerbe la volatilité des prix du baril sur le marché. Il en résulte une réduction de la production mondiale de pétrole estimée entre 8 à 10 millions de barils par jour. Ce qui a induit une flambée du prix du baril de plus de 100 USD.

L’economie mondiale entre inexorablement dans une ère de crise ouverte liée à la penurie artificielle suscitée par ce conflit.

Les économies africaines plutôt fragiles font, de ce fait, face à des risques liés aux perturbations des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à la hausse des coûts de transport maritime (route plus longue pour éviter l’insécurité du détroit d’Ormuz), susceptibles d’affecter le coût de la vie et l’activité économique en général.

L’économie congolaise particulièrement n’affiche jusque là aucun accès de fébrilité. Signe évident de la résilience de l’économie nationale. Mais la Rdc étant un importateur net de carburant, le répit risque d’être de courte durée.

Si dans la capitale, l’on observe une certaine stabilité des prix d’essence et du diesel à la pompe, soit 2440 Fc et 2430 Fc le litre, respectivement, cependant à l’Est du pays, à Beni plus précisément, il est noté de signes de flambée de plus de 40% d’accroissement avec un prix fixé entre 4 500 et 10 000 Fc le litre de carburant, nourris par la spéculation.

Il y a à craindre que par effet de diffusion les zones stables de l’économie nationale soit entraînées dans cette spirale. L’augmentation anticipée de 30 à 50% des prix de denrées alimentaires et des coûts de transport, le ralentissement des activités de l’industrie minière, sont de risques de déboucher sur une récession.

Le gouvernement a prévu d’anticiper les chocs par des concertations du ministère de l’économie avec le groupement des distributeurs pétroliers et à travers les analyses des répercussions par le comité de conjoncture économique.

Les négociations avec les opérateurs du secteurs ont décidé du maintien stable des prix via des opérations de renforcement des stocks pour préserver les approvisionnements.

La réduction du prix moyen frontière, la constitution rapide des « manque à gagner » pour soutenir les entreprises du secteur et prévenir les ruptures des stocks et l’évaluation du développement de la production locale pour minimiser la dépendance aux importations, sont autant des pistes explorées par l’exécutif pour conjurer la crise qui se profile à un proche horizon.

Des mesures plus concrètes

ont néanmoins été annoncées à l’issue du conseil des ministres du vendredi 13 mars 2026.

Pour garantir la stabilité macro-économique, l’instruction d’une coordination renforcée entre le ministère de l’économie et la Banque centrale du congo a été décidé pour protéger le taux de change. Il s’agit d’éviter que la hausse des factures d’importation pétrolière ne devalue la devise nationale. Une gestion plus rationnelle des réserves de change par une utilisation optimale des devises essentielles à l’achat des produits pétroliers, a également été préconisé.

Et comme dit plus haut, un dialogue fluide doit être maintenu avec les pétroliers distributeurs afin d’éviter tout rupture de stocks préventive. Pour cela le gouvernement poursuit l’apurement d’environ 44 millions USD de gains certifiés au profit de l’Etat pour le second trimestre de 2025.

Au delà de toutes ces mesures d’anticipation, une structure de surveillance doit mise en place pour assurer le suivi regulier de la conjoncture internationale et préserver le pouvoir d’achat des populations.

Léon Mukanda Lunyama Junior 

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