Les actions chocs de la C64 face aux réalités sécuritaires et juridiques

La dynamique progressiste Révolutionnaire (DYPRO), plateforme de l’opposition républicaine désormais élargie au sein de la cellule 64 (C64), multiplie les initiatives politiques à fort impact médiatique. Après un appel à la ville morte le mercredi 03 juin, timidement observée aux petites heures avant que le train habituel ne reprenne son cours toute la journée dans la capitale, la C64 a prévu le dépôt d’une plainte et annoncé un sit-in devant le Palais du Peuple, pour marquer sa contestation.

Une plainte contre Félix Tshisekedi : un coup politique face au vide juridique ?

L’action la plus rétentissante reste le dépôt de cette plainte formelle contre le Chef de l’Etat pour une supposée « tentative de confiscation de pouvoir » à  travers la révision de la loi fondamentale qui se profile déjà et qui devait être fait le 08 juin 2026 mais reportée sans explication valable.

Les juristes et observateurs de la scène politique congolaise s’accordent pourtant sur un constat : aucun fait tangible, jusqu’à présent, ne vient étayer ou justifier une telle démarche sur le plan du droit.

En l’absence d’actes matériels violant de manière flagrante la Constitution en vue d’un maintien illégal au pouvoir, cette plainte est largement perçue comme une stratégie de communication politique visant à  occuper l’espace médiatique.

Le paradoxe du silence face à l’AFC/M23.

Cette velléité de jusqu’au-boutisme juridique de l’opposition  contre le pouvoir central de Kinshasa met en lumière un silence jugé paradoxal par l’opinion publique. En effet, alors que la C64 s’attaque aux institutions légales, elle maintient une position d’inertie face  à des réelles menaces contre l’ordre constitutionnel.

L’AFC/M23 n’ayant jamais fait mystère de son objectif majeur, à savoir le renversement par les armes du pouvoir constitutionnel établi.

Or à ce jour aucun recours n’a été  fait ni plainte n’a été déposée par les leaders de l’opposition contre les dirigeants de la rébellion pour leurs actes de déstabilisation, et les condamnations fermes de ces mouvements armés restent rares ou ambiguës dans leurs rangs.

Pour de nombreux analystes, reprocher une confiscation du pouvoir » fictive à l’exécutif tout en ignorant ceux qui tentent de le renverser par la force affaiblit la crédibilité républicaine de la démarche de ́a C64.

Le sit-in devant le Palais du Peuple : à l’épreuve de la sécurité intérieure 

Le second volet de la stratégie des la C64 repose sur l’organisation prévue ce 12 juin courant d’un sit-in  populaire devant le Palais du Peuple, siège du Parlement.

Si la liberté  de manifester est un droit constitutionnel en RDC, l’exercice ce droit se heurte pour ce cas précis à un impératif majeur : la sécurité nationale.

Dans le contexte actuel, marqué par des tensions politiques exacerbées et des menaces sécuritaires persistantes, il apparaît évident que la sécurité intérieure n’autorisera pas un tel rassemblement aux abords immédiats d’un site aussi stratégique.

Plusieurs facteurs expliquent cette probable interdiction : Primo, la protection des institutions car le Palais du Peuple étant le cœur législatif du pays, y autoriser un sit-in présente un risque de paralysie de l’institution.

Secundo, cette opération présente un risque d’infiltration.  Les services de sécurité redoutent en effet que de telles  manifestations ne soient infiltrée par des éléments perturbateurs  voire des ennemis prêts à créer un chaos urbain.

Tertio, le maintien de l’ordre public est une exigence cardinale, Kinshasa restant une mégalopole volatile où la gestion des mouvements des foules doit obéir à  des protocoles de restrictions stricts.

Ainsi donc, la C64 veut à tout prix s’engager dans une stratégie de la tension. En combinant l’annonce d’une plainte sans fondement juridique solide et l’annonce d’une manifestation sécuritairement risquée,  elle semble avoir choisi la politique du derrick: creuser là où la tension peut exploser. Reste à savoir si, après le flop de la journée ville morte, cette quête de visibilité saura convaincre une population congolaise avant tout préoccupée par la crise sécuritaire à l’Est et l’amélioration de ses conditions de vie quotidiennes.

Léon MUKANDA Lunyama Junior

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